La scène culturelle a accueilli avec beaucoup d’espoir l’arrivée de Sam Tanson à la tête du ministère de la Culture. Depuis, un vent nouveau souffle sur l’Hôtel des Terres Rouges. La méthode de la ministre, basée sur le pragmatisme et un souci d’efficacité, est en train de faire bouger les lignes. Au prix de certaines concessions. Analyse.

«On lui fait confiance. Elle est intéressée, cultivée, structurée et elle nous implique à différents niveaux». La présidente de l’association des artistes plasticiens du Luxembourg, Trixi Weis, ne tarit pas d’éloge lorsqu’on l’interroge sur le bilan de la première année de Sam Tanson au ministère de la Culture. «Elle en a fait plus en quelques mois que ses prédécesseurs en plusieurs années», observe de son côté la présidente de l’association des professionnels du spectacle vivant, Peggy Wurth. «Et n’allez pas chercher la petite bête. Pour une fois qu’on a une ministre qui veut faire avancer les choses!», peut-on encore entendre. Même la vice-présidente de la Commission de la Culture à la Chambre des députés et ancienne ministre de la Culture, Octavie Modert (CSV), pourtant dans l’opposition, dit qu’«il s’est fait plus en un an qu’au cours des cinq années précédentes».

De mémoire de journaliste culturelle, c’est une petite révolution. Seule voix discordante: celle du collectif Richtung 22 qui dénonce le soutien de Sam Tanson au projet de participation culturelle à l’exposition universelle de Dubaï, pays qui ne respecte ni les droits de l’homme, ni la liberté artistique.

L’état de grâce dont bénéficie la ministre de la Culture et de la Justice se reflète au-delà de la seule scène culturelle, si l’on en croit le dernier Politmonitor réalisé pour le Luxemburger Wort et RTL Lëtzebuerg en octobre 2019. Classée en septième position parmi les personnalités politiques du pays jugées les plus compétentes et sympathiques, Sam Tanson est aussi celle qui a le plus grimpé dans le tableau depuis mai 2018.