Alors que la réactivation d’échanges diplomatiques entre Moscou et Washington n’offre pas de perspective à court terme, les infrastructures en Ukraine semblent de plus en plus vulnérables aux attaques russes en raison du manque d’intercepteurs de missiles.
Par Claire Gatinois et Thomas d’Istria (Le Monde, 2026)
Nul ne sait qui, de Donald Trump ou de Vladimir Poutine, a sollicité l’appel. Mais la conversation entre les deux hommes, qui se sont parlé environ une heure mardi 8 septembre, fut, aux dires du Kremlin, «franche» et «respectueuse». Le président américain, enlisé dans sa guerre en Iran, aurait, selon la partie russe, «clairement exprimé l’intérêt de mettre fin au conflit [russo-ukrainien] dès que possible», évoquant auprès de son homologue des perspectives de business «impressionnantes» entre les Etats-Unis et la Russie, une fois la paix rétablie.
Aucun «programme ou feuille de route formalisé et cohérent» pour un éventuel règlement des hostilités n’est sur la table, a toutefois précisé, le lendemain, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin. Donald Trump se rêve en faiseur de paix, mais il semble avoir remisé son plan en 20 points, épousant la quasi-totalité des exigences de l’agresseur russe, que les Etats-Unis avaient, il y a un an, imaginé faire accepter par l’Ukraine.
Les diplomates à Kiev comme ailleurs en Europe respirent, voulant croire à un «nouveau départ» alors que la perspective de reprise des pourparlers s’esquisse après la visite à Moscou, puis à Kiev, le 5 et 6 septembre, des deux envoyés spéciaux du président américain, Steve Witkoff et Jared Kushner. «Notre sentiment est que les Américains (…) sont aujourd’hui clairs: les discussions ne se poursuivent plus sur les bases d’Anchorage», cet accord-cadre datant de l’été 2025 qui prévoyait – entre autres – que Kiev cède des territoires, veut croire l’Elysée.
Un maigre soulagement. Car, hormis Donald Trump, qui assurait mercredi, devant des journalistes, que le président russe, Vladimir Poutine, «voulait un accord», aucun analyste et nul diplomate n’imaginent que Moscou puisse envisager sérieusement un règlement du conflit ni même une simple trêve dans les mois à venir. Volodymyr Zelensky, président ukrainien, l’a reconnu dimanche, au cours de la visite tant attendue des deux Américains, en disant compter sur le soutien de ses alliés «si la guerre se prolonge durant l’hiver, ce qui semble être le cas pour l’instant».
«La logique de Poutine est l’escalade»
A l’heure où l’été 2026 est en passe de s’achever, l’Ukraine se prépare à affronter la saison froide qui pourrait, selon les experts, être plus effroyable encore que l’hiver 2025. Les forces russes ont fait des infrastructures énergétiques du pays une cible privilégiée, frappant sous-stations, centrales thermiques et lignes électriques. Lors de l’hiver 2025-2026, la combinaison de ces attaques et de températures atteignant − 20°C avait provoqué de longues coupures dans le pays, contraignant la population à recourir à des systèmes de fortune pour survivre …
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