Venues au Luxembourg sur recommandation d’une amie et tentées par la perspective de gagner rapidement de l’argent, trois jeunes femmes se sont retrouvées sous l’emprise d’un réseau de proxénètes. Elles ne comptaient travailler que trois semaines.
Dans les locaux de la police, une femme a livré un témoignage aussi simple que dérangeant: «Je suis venue au Luxembourg avec des amies pour y passer des vacances… et me prostituer.» Les enquêteurs ont pu retracer des billets d’avion de l’Espagne vers le Luxembourg deux jours plus tôt. La femme ne soupçonnait pas qu’elle travaillait pour un réseau de prostitution qui serait ensuite démantelé.
L’enquête a permis de remonter jusqu’à la tête du réseau: Valentina B. La tireuse de ficelles est d’origine vénézuélienne et se serait elle-même, par le passé, livrée à la prostitution avant de monter sa propre opération. Elle entretenait au moins quatre femmes et avait imposé un tarif de 100 euros pour un rapport sexuel d’une demi-heure. Le prix était augmenté de 50 euros pour des prestations d’une heure.
Celle qui gérait le lieu d’exploitation avait établi les horaires de travail de 8h du matin à 2h la nuit et demandait à chacune des femmes un loyer de 1.000 euros pour s’y loger. Les femmes devaient, dès 2022, lui transférer 50% de leurs revenus issus de la prostitution. Il aura fallu attendre deux ans pour l’arrêter.
Se prostituer pour «aider» sa famille
Il s’est avéré que Valentina B. avait organisé la venue au Luxembourg de quatre femmes qui ont par la suite livré leurs témoignages à la police. Le fait que Valentina B. ait réservé les billets d’avion des femmes sur un même vol et loué un appartement pour en faire une maison de débauche, confirmera son rôle de tête pensante du réseau. Les enquêteurs ont ainsi pu présenter aux juges des traces écrites des consignes qu’elle donnait, indiquant également la procédure souhaitée et les prix. C’est ce qui ressort, entre autres, du jugement du Tribunal d’arrondissement du Luxembourg du 17 février 2026, dont dispose Reporter.lu.
Le consentement ne constitue pas une cause exonératoire de responsabilité.“
Jugement du 17 février 2026
Lors de leur audition, les quatre femmes d’origine colombienne et vénézuélienne disaient toutes s’adonner de leur plein gré à la prostitution. L’une d’entre elles a expliqué aux policiers qu’elle voulait, par ce biais, aider sa famille dans son pays natal, une deuxième disait travailler en Espagne en tant que serveuse et s’adonner occasionnellement à la prostitution quand elle n’avait pas d’emploi. Les femmes ne disposaient pas de titre de séjour valable et ne parlaient aucune des langues du pays.
Chacune des femmes connaissait au moins une autre victime qu’elle décrivait comme une connaissance, voire une amie …
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