Retour sur la septième semaine de confinement dans le quartier de Gasperich à Luxembourg: Le home schooling est soumis à l’épreuve de la durée, la météo joue avec les nerfs des confinés qui s’habituent à porter leur nouveau passeport pour la liberté.

Les hautes pressions, qui protégeaient le nord de l’Europe, ont fait relâche après six semaines de confinement. La chute du baromètre, le froid et les bourrasques de pluie ont raison du moral des plus stoïques dans l’épreuve collective. Le «Lockdown» n’a jamais si bien porté son nom. Alors que le chiffre symbolique de la «quarantaine» est dépassé, le ciel incertain est le miroir des doutes existentiels partagés sur son smartphone ou ruminés la nuit. Le travail, l’amour, les amitiés, les liens familiaux, le deuil, tout est hors cadre et sous tension. Difficile d’accepter que le déconfinement ne sera pas une libération. Plutôt un recadrage de nos modes de vie, sous surveillance réciproque.

«Les gens sont stressés», observe Jérôme, le gérant du Smatch, pendant sa pause cigarette. Pourtant, tout est sous contrôle chez lui. Ce qui n’était pas le cas au début du confinement. L’équipe de cette petite surface commerciale de proximité, située rue de Gasperich, avait dû faire face au Covid-19 dans l’urgence et avec les moyens du bord: des masques dépareillés donnés par des entreprises du coin et des lunettes offertes par l’opticienne d’en face, avant qu’elle ne ferme boutique.

Aujourd’hui, les clients trouvent à l’entrée du magasin des gants et du gel hydroalcoolique en libre-service. Caddys et paniers roulants sont désinfectés deux fois par jour par le personnel qui porte des masques FFP3. Une signalisation oriente les acheteurs dans un sens unique et les maintient à distance avant de passer à la caisse, laquelle est protégée par une paroi vitrée. Mais depuis le 20 avril, on ne rentre plus dans le supermarché sans un masque …