On disait ses jours comptés à la tête de la banque publique. La directrice générale de la «Spuerkeess» va rester à son poste le temps du recrutement de celui ou de celle qui lui succédera. Françoise Thoma est promise au poste de «conseiller stratégique».
Depuis la déclaration du ministre des Finances, Gilles Roth (CSV), en septembre que son départ n’était pas un tabou, Françoise Thoma, CEO de la «Spuerkeess» depuis 2016, se savait sur un siège éjectable. Lundi, lors d’une conférence de presse, Françoise Thoma a reconnu que les derniers mois et dernières semaines n’ont pas été faciles. La pression sur la directrice générale s’est accentuée en juillet dernier lorsque la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) a annoncé une amende de 4,969 millions d’euros qui a sanctionné des «défaillances structurelles et systémiques» de l’établissement dans les contrôles de transactions financières.
Le constat dressé par le régulateur du secteur financier sur le rôle de la «Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat» (BCEE) dans la fraude à 61 millions d’euros qui a laminé la «Fondation Caritas» à l’été 2024 était alarmant. La banque a laissé filer en cinq mois plus de 50 millions d’euros de l’organisation caritative vers des comptes fantômes en Espagne. L’enquête de la CSSF a montré des déficiences majeures et des contrôles inopérants de la «Spuerkeess» dans la détection de transactions suspectes.
Défaillances massives
Convoqués en mai 2025 par la commission spéciale «Caritas» de la Chambre des députés, les dirigeants de la BCEE avaient relativisé la responsabilité de la banque dans la fraude Caritas. «Aucune faute dans le chef de la BCEE ne saurait être retenue» avait ainsi déclaré Françoise Thoma devant la commission. Or, quelques jours plus tôt, la CSSF avait communiqué ses griefs aux dirigeants de la banque et mis en cause la fragilité des procédures de contrôle. Françoise Thoma savait alors que son établissement serait lourdement sanctionné par le régulateur. La CSSF a rendu publique l’amende fin juillet.
Des membres de la commission Caritas ont alors accusé la directrice générale de la banque publique d’avoir menti sur l’ampleur des défaillances en matière de lutte contre le blanchiment. Sous pression, le gouvernement ne pouvait pas ne pas réagir, d’autant qu’il fait siéger dans le conseil d’administration de la banque systémique plusieurs de ses hauts fonctionnaires. L’Etat a également dans la banque un «commissaire à la surveillance». Lors de l’affaire Caritas, il s’agissait de Bob Kieffer, directeur du Trésor, lequel a été remplacé depuis lors par Luc Feller, très proche du ministre Gilles Roth …
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