Les enquêteurs sont sur la piste d’un réseau bulgare à l’origine du détournement à la Caritas. Selon les informations de Reporter.lu, cette bande aurait piégé la directrice financière avec la complicité d’une voyante. Néanmoins, des zones grises persistent.

Aussi incroyable qu’elle paraisse, la piste de la fraude au président à l’origine du détournement chez Caritas prend de la consistance à la lumière de l’avancée de l’enquête. Le parquet a rappelé mercredi 9 octobre l’hypothèse selon laquelle le détournement serait l’œuvre d’une organisation criminelle ayant usurpé l’identité du directeur général de l’organisation. «L’instruction judiciaire continue à privilégier la piste de la ‚fraude au président‘ comme mode opératoire des agissements frauduleux», souligne le communiqué du parquet

Deux mois plus tôt, le ministère public suscitait la surprise, voire l’incompréhension en faisant le lien entre la centaine de virements bancaires frauduleux ayant conduit à la dislocation de Caritas et «le procédé communément appelé ‚fraude/arnaque au président’». D’après le parquet, cette piste s’imposerait «selon toute vraisemblance».

Jusqu’alors tout accusait la directrice financière de la «Fondation Caritas Luxembourg», d’ailleurs explicitement visée par la plainte de l’organisation caritative à l’origine de l’instruction ouverte, elle, contre inconnu. Pourtant, le parquet soutenait mordicus la théorie selon laquelle la collaboratrice avait été piégée par des escrocs. «Le fraudeur, soulignait un premier communiqué du 6 août, se fait passer, par téléphone ou courriel, pour un dirigeant (…) et réclame un paiement international urgent, le plus souvent vers des comptes bancaires d’établissements situés dans d’autres pays, mais en tout cas vers des comptes gérés par l’arnaqueur».

Une piste se concrétise

Dans le même temps, la directrice financière faisait valoir par l’intermédiaire de son avocat, qu’elle n’avait ni initié la fraude, ni qu’elle en était la bénéficiaire. Elle reste à ce jour, l’unique inculpée du dossier pour avoir rédigé de faux documents. Les comptes en banque de la directrice financière et de son couple ont été mis sous séquestre. Les enquêteurs ont passé au crible leurs avoirs et patrimoine, sans rien déceler qui pourrait documenter un enrichissement suspect.

Après trois mois d’une instruction judiciaire musclée, le parquet assure avoir identifié «plus de 8.200 transactions réalisées dans des intervalles très rapprochés, vers des centaines de comptes ouverts dans une multitude d’Etats à travers le monde». Les fonds ont principalement été repérés en Chine, à Hong Kong et en Lituanie, selon les informations de Reporter.lu.

C’est un peu comme un crash d’avion où ce qui ne peut pas arriver se produit quand même en raison d’une succession de fautes et de négligences.“Un proche du dossier

Plusieurs éléments convergent à rendre «vraisemblable» l’hypothèse du parquet. Selon les informations de Reporter.lu, l’enquête vise désormais des malfaiteurs d’origine bulgare, qui auraient abusé de la fragilité psychologique de la directrice financière de la fondation et profité de la faiblesse de la gouvernance de l’organisation pour aspirer en cinq mois 61 millions d’euros …