Le groupe immobilier «Greenfinch» est à court d’argent pour finaliser ses projets. Son dirigeant vient d’être condamné pour abus de biens sociaux. D’autres affaires judiciaires cernent Kindy Fritsch. Pour éviter la faillite, il a caché à la justice l’ampleur de son passif.
L’un des principaux bailleurs de l’Etat luxembourgeois est en faillite. Kindy Fritsch, le flamboyant dirigeant et fondateur du groupe «Greenfinch», a pourtant tout fait pour maintenir ses sociétés en vie et gagner du temps.
Acculé par ses créanciers, «GS&E Property Development» a fait naufrage le 21 mars dernier. Propriétaire d’un bloc d’immeubles à Hamm loués à des administrations publiques, cette société suit la trajectoire du fonds d’investissement immobilier Greenfinch, failli en juillet dernier. La plupart des entités du groupe, éclatées en presque autant de sociétés qu’il y a de propriétés et de projets immobiliers, sont sous perfusion. Leurs chances de survie sont réservées.
Le promoteur assure pourtant que ses difficultés sont passagères et que des rentrées d’argent imminentes lui permettront de se renflouer, d’honorer les dettes et de terminer ses chantiers, dont un immeuble commercial de 70.000 m2 à Hamm. Toutefois, sa condamnation pour abus de biens sociaux, le 20 mars, pourrait refroidir l’ardeur des investisseurs à le sauver du naufrage.
Tournée des juridictions commerciales
Kindy Fritsch a sollicité les cours et tribunaux pour placer plusieurs de ses sociétés en réorganisation judiciaire et bénéficier ainsi d’un sursis de paiement tout en rassurant ses créanciers sur les capacités à poursuivre ses activités. Toutefois, le dirigeant n’a pas dit toute la vérité aux magistrats sur l’état de santé de ses entreprises. Son manque de loyauté risque d’aggraver ses ennuis judiciaires. Il est déjà visé par une plainte de ses anciens associés dans le fonds Greenfinch pour des faits de spoliation.
Dans sa tournée des juridictions commerciales, qui s’apparente à un «forum shopping», certains juges ont cru à ses promesses de rebond et se sont montrés bienveillants avec le petit-fils de Paul Leesch, le fondateur des supermarchés «Cactus». D’autres magistrats n’ont pas cette mansuétude, refusant de garder artificiellement en vie un empire immobilier moribond. GS&E est dans ce cas. Son agonie fut longue avant que le Tribunal de commerce ne signe son arrêt de mort.
La procédure de réorganisation judiciaire ne doit pas être utilisée comme un moyen détourné pour tenir en échec une assignation en faillite.“Ministère public, mars 2025
En novembre dernier, son dirigeant introduit une procédure de réorganisation judiciaire pour échapper à des assignations en faillite. L’administration de l’Enregistrement, des Domaines et de la TVA lui réclame, au titre de débiteur solidaire du fonds Greenfinch, 9,28 millions d’euros. Le propriétaire de l’immeuble «Greensquare», qui héberge des services publics, essuie un premier refus, puis un second en appel le 11 février dernier.
Le rejet du sursis pour GS&E ouvre la porte à ses créanciers pour l’assigner en faillite. L’un d’eux, le cabinet «Grant Thornton Audit and Insurance» se précipite dans la brèche pour un impayé de 635.858 euros. Fin de partie le 21 mars dernier. La société n’a même plus d’avocat pour assurer sa défense …
Déjà abonné? Connectez-vous!

