Le gouvernement entend s’attaquer à la crise du logement en touchant à la fiscalité immobilière. En 2017, le ministère de l’Intérieur planchait déjà sur un impôt pour les terrains constructibles non-bâtis. Une proposition concrète a pourtant été rejetée. Depuis, c’est l’hésitation sur la marche à suivre.

Comment accélérer la mise sur le marché de terrains constructibles? Le programme gouvernemental contient plusieurs mesures plus ou moins concrètes. Outre la refonte de l’impôt foncier, l’accord de coalition entre DP, LSAP et les Verts prévoit l’introduction d’une «taxe sur la création de la valeur ajoutée» sur les terrains constructibles non-bâtis, formule politiquement correcte pour désigner un impôt sur la spéculation.

Cette taxe devrait être introduite pour les terrains faisant l’objet de contrats d’aménagements («Baulandverträge») pour décourager la rétention des terrains et inciter leurs propriétaires à les mettre sur le marché. Un moyen d’augmenter l’offre et de freiner l’explosion des prix.

Dans l’accord de coalition signé fin 2018, l’idée de cette nouvelle taxe est mentionnée à côté de la réforme de l’impôt foncier. Peu d’informations n’ont pour l’instant filtrées sur la première idée. Pour ce qui est de la deuxième, le président du LSAP, Franz Fayot, avait parlé d’un «dossier complexe». Lors de ses premières interviews accordées à la presse en janvier 2019, la ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding, elle aussi socialiste, n’avait pas souhaité se prononcer sur une hausse effective de cet impôt. Interrogée par nos confrères de la radio 100,7, elle était restée vague assurant «rechercher le consensus».

Le président du LSAP avait, pour sa part, trouvé des mots bien plus clairs lors d’une interview accordée à REPORTER en juillet lors d’une interview accordée à REPORTER en juillet. «Si on vise un effet de levier efficace, il faut obligatoirement que l’impôt foncier soit plus élevé qu’il ne l’est actuellement», avait-il dit, tout en parlant d’un «dossier politiquement sensible» et de «questions techniques» en suspens.

Même si je suis un homme politique libéral, je suis convaincu que nous devons introduire une taxe sur la spéculation.“Xavier Bettel, Premier ministre

Pourtant, l’idée de la refonte ne date pas d’hier. Lors du gouvernement Bettel I, les trois partis avaient déjà engagé les discussions au sein d’un groupe de travail dédié à cet impôt communal qui grève toutes les propriétés immobilières bâties ou non-bâties …