Les jeunes font leur éducation affective et sexuelle à l’heure des nouvelles technologies. Entre pornographie, hypersexualisation et difficulté de préserver son intimité. Tour d’horizon au Luxembourg.

«Wat zu Lloret geschitt, bleift zu Lloret». Ce dicton a placé sous le sceau du secret le rite de passage de générations de bacheliers à Lloret de Mar. Mais les téléphones portables et les réseaux sociaux ont changé la donne. L’été dernier, une vidéo pornographique a défrayé la chronique, en Espagne mais aussi au Luxembourg. Que s’est-il vraiment passé? La scène de fellation entre trois jeunes alcoolisés a été filmée dans l’obscurité. Les rumeurs se sont déchaînées sur l’identité des protagonistes, deux garçons et une fille. L’été a jeté un voile sur cette histoire que les personnes mises en cause auront tenté d’oublier en allant étudier sous d’autres cieux.

La vidéo de Lloret impliquait des jeunes majeurs mais sa diffusion ne s’est pas arrêtée à la barrière de l’âge. Les commentaires diffamatoires sont allés bon train sur les réseaux sociaux. «Ce qui m’a choquée est le déferlement de commentaires contre la fille. En revanche, il n’y avait rien contre le harceleur qui a diffusé la vidéo», déplore Serena Boukelmoun, une lycéenne qui prépare son bac tout en militant au sein de l’ECPAT. L’association lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants et vise à sensibiliser le public sur les droits de l’enfant en la matière. L’intervention de la lycéenne a permis que certains retirent leurs propos sur les réseaux sociaux, dit-elle. Mais le mal était fait.

Cette affaire illustre trois phénomènes auxquels sont confrontés les jeunes à l’heure des nouvelles technologies: un accès précoce à la pornographie, un environnement hypersexualisé et la difficulté à contrôler leur droit à l’image. Autant de phénomènes qui ne sont pas sans conséquences …