On prend (presque) les mêmes et on recommence? Dans les prochains jours sera publié un appel international à candidature pour le poste de directeur général de la Capitale européenne de la Culture Esch 2022. Pendant ce temps-là, le jeu de poker continue entre l’actuelle direction et le conseil d’administration de l’asbl Esch. Andreas Wagner et Janina Strötgen resteront-ils dans l’organigramme? Ils ont en tous les cas une carte à jouer pour consolider la place de la culture dans un projet hautement politique. Une analyse.

Le principe d’un appel international à candidature a été validé mercredi lors d’une réunion du conseil d’administration mais avait déjà fuité dans le Tageblatt deux semaines plus tôt. Deux postes sont à pourvoir avant la mi-septembre: celui de directeur général et de directeur administratif. En revanche, aucun avis ne sera publié pour le poste de directeur artistique avant la fin juin 2018, date à laquelle les contrats de l’actuel directeur général, Andreas Wagner, et de la directrice artistique, Janina Strötgen, arrivent à échéance. Le Conseil d’administration espère d’ici là les convaincre de signer un nouveau contrat qui définira leur rôle dans la direction artistique.

On est donc dans la perspective d’un troisième casting de l’équipe en charge du projet. Celui-ci a démarré en décembre 2015 avec un comité de pilotage autour du responsable de la Culture de Esch Ralph Waltmans et du consultant Emmanuel Vinchon. Leur Bidbook présenté en mai 2016 a été jugé insuffisant par le jury européen. En octobre 2016, le duo Wagner/Strötgen a été retenu pour finaliser une seconde candidature. Celle-ci est parvenue à décrocher le label un an plus tard.

Faut-il crier au scandale et au désaveu du duo Wagner/Strötgen? L’histoire le dira mais à ce stade il est trop tôt pour l’affirmer.

Si l’on se place du strict point de vue des égos, cette réorganisation est une pilule au goût amer. Nul n’a oublié la violence des propos du bourgmestre de Esch et président de l’asbl Esch 2022 à l’encontre de l’équipe dirigeante, dans une interview parue dans le Tageblatt du 28 mars. Un pavé dans la mare que Georges Mischo (CSV) a pu faire passer sur le compte de son inexpérience politique pour renouer ensuite le dialogue sur de nouvelles bases. Il était poussé dans cette voie par les deux vice-présidents,  Roberto Traversini (Déi Greng) et Dan Biancalana (LSAP), et par un Conseil d’administration élargi à 20 membres nommés pour créer une nouvelle dynamique…