En dévoilant les maisons de retraite non conformes aux obligations légales, le ministère de la Famille franchit une étape inédite vers la transparence. Si la plupart des sites contrôlés obtiennent de bons résultats, les inspections ont toutefois révélé des défauts importants.

Après la CSSF et l’ITM, c’est au tour du ministère de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil de se lancer dans le «name and shame». Depuis octobre 2024, date de mise en ligne du registre public sur les services aux personnes âgées, la transparence se veut la règle. Objectif revendiqué: «améliorer la qualité des infrastructures, des prestations et des services».

Pour y parvenir, le ministère dirigé par Max Hahn (DP) met désormais sur la place publique les noms des structures qui ne respectent pas le nouveau cadre légal, voté en août 2023. Et cela passe par la mise en ligne d’un nombre conséquent de données collectées par la nouvelle cellule Qualité. Dont celles issues de leurs contrôles.

Un premier aperçu incomplet

Menées depuis novembre 2024, les inspections apportent de premiers résultats qui dressent une tendance globale plutôt satisfaisante. Mais qui cache aussi de nombreuses nuances. La première tient à des données toujours partielles, deux ans après la mise en ligne du registre public. Si le ministère assure qu’en mai 2026 «60 rapports d’évaluation» ont été réalisés – sur les 189 entités agréés surveillées -, seul un tiers (34%) est à ce jour consultable. Soit 37 rapports portant sur les 107 maisons de retraite, logements encadrés et centres de jours actifs au Grand-Duché.

Selon le ministère de la Famille, cette première photographie incomplète serait principalement justifiée par les délais imposés par la loi. À savoir la «publication des rapports dans un délai de 30 à 60 jours après l’évaluation» et leur mise en ligne «30 jours au maximum après la notification au gestionnaire». Soit une communication publique qui ne peut intervenir qu’au minimum trois mois après la réalisation effective du contrôle.

Sans oublier le fait que ces inspections sont réalisées par une cellule de huit agents. Dont sept sont dédiés aux évaluations. Ils étaient trois lors de la création de la cellule, fin 2024. Sollicité sur le choix des établissements contrôlés, le ministère invoque «une approche multifactorielle» alliant contrôles «par zone géographique» et «par gestionnaire». Résultat: les contrôles couvrent «toutes les parties du pays» et «chaque gestionnaire a été évalué au moins une fois».

En mai 2026, seuls deux sites ont obtenu une évaluation globale «insuffisante»: «Poetschebiirchen» à Kehlen et la résidence «Récital» à Luxembourg. Autrement dit, ces établissements n’ont pas obtenu une note générale au moins égale à 70% des critères évalués. Soit le seuil minimal imposé par la loi. Ce qui oblige ces structures à élaborer un «plan de remédiation» contenant mesures de correction et calendrier de mise en place.

Elaboré «en concertation avec les résidents, le personnel et la direction», ce document doit être approuvé par le ministre de tutelle avant publication. D’après les documents publiés, six établissements contrôlés ont dû se plier à cet exercice. Deux pour leur score général et sept en raison d’un score inférieur dans une ou plusieurs catégories passées au crible. A savoir «admission et accueil du résident», «participation, animation et vie sociale, circulation, repas ainsi que logement», «gestion du dossier individuel» et «degré de satisfaction des résidents» …