La Banque Havilland a obtenu six mois supplémentaires pour la liquidation de ses activités. La lenteur des opérations exaspère certains déposants qui craignent de ne pas recouvrer tout leur argent. La banque veut plus de temps pour récupérer des liquidités.

Fermée en août 2024 par le régulateur du secteur financier pour des problèmes de gouvernance et de blanchiment, la «Banque Havilland» ne veut pas mourir. L’établissement entend se transformer en une société commerciale «ordinaire», statut qui lui permettrait de gérer ses actifs et participations, une fois que ses créanciers auront été remboursés. Pour autant, ces derniers s’interrogent sur la capacité de la banque à leur restituer leurs fonds en intégralité.

Le 9 août, le tribunal de commerce a mis la banque privée en sursis de paiement pour six mois. Cette procédure rarissime a été demandée par la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), après que la Banque centrale européenne, le régulateur des banques systémiques, catégorie à laquelle Havilland appartenait, lui eut retiré son agrément bancaire.

La demi-année de répit n’a pas été suffisante pour liquider ses activités bancaires, payer tous ses créanciers et vendre ses deux filiales, l’une à Monaco, l’autre au Liechtenstein. Cette dernière possède une succursale à Zurich. Selon «Finews.ch», le groupe financier «EFG» avait montré son intérêt à la reprise de l’entité à Vaduz, qui était présentée comme la pépite de la maison mère luxembourgeoise, avant de renoncer à son projet. La banque autrichienne «Sigma Bank» a ensuite confirmé son intérêt à reprendre des activités de «Banque Havilland (Liechtenstein) AG».

Des juges pragmatiques

La banque a sollicité une rallonge de six mois supplémentaires, prorogation qui n’est pas prévue par la loi de 2015 sur les procédures d’assainissement. Toutefois, la lecture des travaux parlementaires ouvrait une fenêtre de tir pour étirer la durée maximale «en fonction des besoins de la cause». Pragmatiques et conciliants, les juges se sont glissés dans la brèche et ont accordé à Havilland un répit jusqu’au 9 août 2025. La décision a été prise le 7 février, deux semaines après une audience à huis clos. Ni la CSSF, ni les administrateurs provisoires nommés par le tribunal pour surveiller le placement en sursis ne se sont opposés à la demande …