Le Luxembourg a des règles claires en matière de politique de coopération. Xavier Bettel souhaite toutefois assouplir l’un de ces principes. Derrière cette décision se cachent des raisons financières, mais aussi des conflits de compétences au sein du gouvernement.
Le Luxembourg continuera-t-il à investir 1% de son revenu national brut dans la coopération internationale? Cette question se pose actuellement, après que le ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel (DP), également en charge de l’aide au développement, a présenté au Parlement sa déclaration annuelle sur la politique de coopération. L’ancien Premier ministre a en effet émis des réflexions qui ont semé le doute quant à la volonté du gouvernement CSV-DP de s’en tenir à l’avenir au principe d’additionnalité.
Ce principe stipule que le budget correspondant à 1% du revenu national brut doit servir exclusivement à financer des projets de coopération internationale et qu’aucun autre projet d’aide ne peut être imputé sur ce 1%. C’est précisément ce qu’a laissé entendre Xavier Bettel dans son discours du 19 mars à la Chambre des députés. Selon le ministre des Affaires étrangères, il faudrait réfléchir à la possibilité de financer au Luxembourg des projets climatiques internationaux ou des aides aux réfugiés à l’aide des fonds de la coopération.
Plus qu’une simple question de comptabilité
Cette initiative a suscité l’incompréhension de l’opposition politique et le mécontentement des organisations d’aide au développement. Le Luxembourg a en effet été jusqu’à présent un pionnier de la coopération internationale, car il était – outre les pays scandinaves – le seul membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à respecter strictement ce principe. Y renoncer serait également un mauvais signal dans un contexte de baisse de l’aide au développement à l’échelle internationale – jusqu’à moins 18% selon l’OCDE. Pour rappel: le Luxembourg a prévu environ 495 millions d’euros pour l’aide au développement dans son budget 2026.
Il est vrai que les critères de l’OCDE, selon lesquels l’aide au développement est calculée, autorisent une telle répartition des dépenses. Que ce soit pour les projets climatiques internationaux, mais aussi pour l’aide aux réfugiés dans le pays donateur lui-même. Toutefois, celle-ci se limite aux coûts des douze premiers mois de présence des réfugiés dans le pays.
Les fonctionnaires du ministère de l’Environnement ne disposent pas de l’expertise nécessaire pour mener à bien des projets aussi complexes à l’étranger.»David Hoffmann, «Action Solidarité Tiers Monde»
Pour de simples raisons comptables, une mise en œuvre au Luxembourg s’annonce donc compliquée. En effet, jusqu’à présent, les coûts liés à l’hébergement des réfugiés sont pris en charge uniquement par le ministère de la Famille de Max Hahn (DP). Aux yeux des organisations humanitaires, les conséquences d’une fusion entre l’aide aux réfugiés et l’aide au développement seraient dramatiques …
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