En augmentant les aides aux taux d’intérêt, le gouvernement entend faciliter l’accès des jeunes à la propriété. Toutefois, cette mesure pourrait aggraver l’endettement des particuliers sans pour autant résoudre le problème fondamental de la crise du logement.

Juste à temps pour le début des vacances d’été, le gouvernement a remis ça. Après l’expiration, en septembre 2025, du premier plan d’aide au marché immobilier, le «Booster fir de Wunnengsbau» devait redonner de l’élan au marché. En effet, le marché immobilier, et surtout celui de la construction neuve, était à nouveau en perte de vitesse depuis le début de l’année, comme Reporter.lu l’avait déjà rapporté. Et alors que le premier train de mesures visait avant tout à soutenir fiscalement les investissements immobiliers, le gouvernement se concentre désormais sur un nouveau groupe cible: les jeunes primo-accédants.

Lors de la présentation du nouveau paquet de mesures mi-juillet, le ministre du Logement, Claude Meisch (DP), a souligné que les jeunes, en particulier, avaient du mal à obtenir un crédit immobilier et à s’offrir leur propre logement. L’une des raisons, c’est la forte hausse des taux d’intérêt depuis la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine.

C’est justement là que le gouvernement veut maintenant soulager les jeunes ménages. «En augmentant aussi les bonifications d’intérêts, on aide les jeunes et les jeunes familles à réaliser leur projet d’accession à la propriété», a déclaré Claude Meisch lors de la conférence de presse du 17 juillet.

Une mesure, plusieurs problèmes

Concrètement, les projets du gouvernement prévoient de faire passer le plafond de crédit pour les acheteurs immobiliers de moins de 35 ans de 200.000 à 300.000 euros. Cette augmentation entraîne donc aussi une hausse de la charge d’intérêts éligible à l’aide. En pratique, le gouvernement estime qu’un ménage avec un enfant et un salaire net annuel de 79.000 euros verra ses charges allégées de 400 euros par mois grâce à cette subvention. L’allègement fiscal est donc supérieur de 100 euros à ce qu’il était auparavant. Le 4 septembre, le Conseil de gouvernement a approuvé le projet de loi correspondant. Le Parlement va donc se pencher dessus dans les semaines à venir.

Les ménages ont l’un des niveaux d’endettement les plus élevés d’Europe.»Rapport du FMI sur le Luxembourg

Mais cette mesure, bien qu’elle parte d’une bonne intention, n’est pas sans poser problème. En effet, les subventions d’intérêts accordées par le gouvernement occultent un aspect: le taux d’endettement élevé des ménages ainsi que le risque structurel que cela représente pour la stabilité financière du pays. Selon les experts, une subvention supplémentaire des intérêts par l’Etat pourrait en tout cas continuer à alimenter cette tendance.

C’est justement cet aspect de la crise immobilière au Luxembourg que des organisations comme le Fonds monétaire international (FMI) soulignent depuis plusieurs années …