Un directeur absent, une mauvaise communication et un manque de contrôles: le rapport de l’Inspection des finances sur l’ONA révèle une administration dysfonctionnelle qui n’est plus à la hauteur de sa mission d’accompagnement des réfugiés. Une réforme semble inévitable.
«En définitive, l’Office national de l’accueil (ONA) se trouve aujourd’hui à un moment charnière: la complexité et l’ampleur de ses missions excèdent désormais les capacités offertes par son cadre organisationnel actuel», conclut l’Inspection générale des finances (IGF) dans son audit de près d’une centaine de pages, qui a été rendu public la semaine dernière.
Cet audit s’inscrit dans la continuité d’une analyse précédente menée dans le cadre de l’affaire dite «MALT». Il s’agissait alors d’irrégularités liées à une application de traduction destinée aux réfugiés, que le Parti Pirate devait développer pour le compte de l’ONA. Entre-temps, le Parquet européen a ouvert une enquête dans cette affaire pour suspicion de fraude sur des fonds européens. Malgré les dysfonctionnements évidents, l’examen n’a progressé que lentement: l’IGF en avait été chargée dès le 9 octobre 2024. Il devait être achevé à l’été 2025. Mais le résultat n’est arrivé sur le bureau du ministre de la Famille responsable, Max Hahn (DP), qu’en mars de cette année.
Dans le cadre de son audit, l’IGF a analysé des documents, organisé des ateliers avec tous les divisions de l’ONA et mené des entretiens ciblés. Les autres acteurs travaillant en étroite collaboration avec l’ONA, tels que les ministères ou les organisations d’aide, n’ont pas été consultés. Il en va de même pour les réfugiés vivant dans ses structures. Et bien que l’audit ait été réalisé en collaboration avec le cabinet de conseil «KPMG», il ne s’agit pas d’un audit financier classique. Il portait avant tout sur l’organisation, dont les risques et les dysfonctionnements ont été analysés.
Un directeur en «mission externe»
Malgré ce cadre restreint, les résultats de l’audit révèlent l’image d’une administration dépassée par ses tâches et qui n’a pas remédié à des dysfonctionnements persistants depuis une décennie. Et cela commence par la direction. «Les ateliers organisés avec le personnel ont mis en lumière une perception récurrente de faible présence de la direction, en particulier du directeur», notent les auteurs de l’audit. Afin d’approfondir cette impression, les fonctionnaires de l’IGF ont analysé les temps de présence de la direction.
Résultat: au cours des périodes examinées, le directeur Yves Piron aurait passé 51% de son temps en «mission externe», 33% en «télétravail» et seulement 16% physiquement présent au bureau. Cela serait d’autant plus problématique que, selon la loi ONA, personne ne peut remplacer le directeur en son absence. Même les transactions financières importantes nécessitent sa signature. Cela affaiblirait considérablement la capacité d’action, notamment en cas de crise, selon les auditeurs. En revanche, les deux autres membres de la direction auraient passé 53% de leur temps au bureau et seulement 9% en missions externes.
Selon l’ONA, le directeur n’a officiellement aucun agent pouvant le remplacer en cas d’absence. »Audit de l’IGF sur l’ONA
À l’avenir, Yves Piron ne sera plus du tout présent. Son mandat à la tête de l’ONA va en effet bientôt prendre fin, comme l’a expliqué Max Hahn lors de la présentation de l’audit de l’IGF devant la commission parlementaire compétente …
Déjà abonné? Connectez-vous!

