Ce qui n’était qu’une rumeur vient d’être confirmé par le Mudam. La « Chapelle » de Wim Delvoye, œuvre emblématique de la collection, va être démontée pour libérer l’espace qu’elle occupe depuis 2006. Analyse de cette entreprise de déconstruction.

La nouvelle directrice du Mudam, Suzanne Cotter, a peut-être médité l’œuvre de Su-Mei Tse exposée récemment dans le musée. Une vidéo intitulée « Snow Country » montrait l’artiste en train de ratisser les gravillons de la cour intérieure de la Villa Médicis à Rome, où elle a été pensionnaire en 2014-2015. Une manière d’effacer symboliquement les traces de ses illustres prédécesseurs qui y ont séjourné, afin d’être libre de créer selon sa propre inspiration.

Remiser la « Chapelle » de Wim Delvoye aux réserves du musée, c’est clore d’une certaine manière le chapitre Lunghi.“

Le démantèlement de l’œuvre de Wim Delvoye peut donner l’impression que la nouvelle maîtresse des lieux veut elle aussi faire place nette pour écrire sa propre histoire au Dräi Eechelen. Une démarche qui n’a rien d’étonnant. Tout nouveau responsable aime à donner le ton de la partition qu’il entend jouer, qu’il s’agisse de politique, de business ou d’art.

L’héritier infidèle

L’ancien directeur du Mudam, Enrico Lunghi, avait lui aussi écarté une partie de l’héritage de celle qui l’avait précédé, Marie-Claude Beaud, lors de son arrivée en janvier 2009.