Avec plus de 300 milliards de barils, le Venezuela possède les plus importantes réserves pétrolières au monde. Le président américain Donald Trump estime que l’éviction du chef d’Etat Nicolas Maduro ouvre la voie au retour des majors pétrolières américaines dans le pays.

Par Marie de Vergès (Le Monde, 2026)

Des mois durant, la pression exercée sur le Venezuela était justifiée par les Etats-Unis comme une guerre contre le narcotrafic. Une autre priorité s’impose désormais: l’accès au pétrole de ce pays d’Amérique latine assis sur les plus vastes réserves d’or noir du monde. L’éviction du président vénézuélien, Nicolas Maduro, enlevé lors d’un raid mené samedi 3 janvier à l’aube par les forces spéciales américaines, ouvre la voie au retour des majors américaines dans le pays, a assuré Donald Trump dans la foulée.

«Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars (…) et commencer à faire gagner de l’argent au pays», s’est félicité le président des Etats-Unis, lors d’une conférence de presse, samedi, en Floride.

Voilà pour le plan général. Les détails, en revanche, ne sont guère précisés. Et l’on ignore dans quelle mesure les géants pétroliers tels qu’«ExxonMobil» ou «ConocoPhillips» seraient prêts à injecter des sommes massives dans un Venezuela dirigé par un gouvernement provisoire à la légalité floue. Un pays, qui plus est, dont l’industrie pétrolière est dans un état de délabrement complet après deux décennies de corruption et de panne des investissements, encore aggravées par les sanctions américaines. Actuellement, «Chevron» est la seule compagnie américaine à opérer sur place grâce à une dérogation accordée par Washington …