La programmation de la première saison signée par Claude Mangen au Mierscher Kulturhaus est le reflet de ses ambitions. Des thématiques fortes et l’accent mis sur des exclusivités doivent inciter le public à faire le déplacement jusqu’au centre du pays. Un choix qui peut ne pas plaire à tous.

Mettre sur pied une programmation au Mierscher Kulturhaus est un exercice complexe où la culture jongle avec l’économie et le politique. Sa fréquentation encore trop limitée montre que l’équation n’est pas simple à résoudre.

Premier défi: la situation géographique de cette institution la met en concurrence directe avec le CAPE d’Ettelbruck, à une douzaine de kilomètres au nord, et avec les institutions culturelles de Luxembourg, à une vingtaine de kilomètres au sud. La publicité autour des têtes d’affiche qui s’y produisent attire forcément le public de Mersch dont le pouvoir d’achat culturel est limité.

Autre enjeu: l’ancrage local de l’institution. Plus de la moitié de son  financement provient du budget communal. Que le tout Luxembourg vienne voir des spectacles à Mersch peut flatter l’ego du directeur ou des autorités locales. Mais les contribuables – qui sont aussi des électeurs – préfèreront en être les premiers bénéficiaires. La programmation doit les concerner au premier chef.

Enfin se pose la problématique de l’évolution socio-démographique du territoire. La commune de Mersch a vu sa population augmenter de 25% depuis 2010 et approche les 10.000 habitants. Une partie non négligeable de cette croissance provient d’une population d’origine étrangère attirée par l’accès rapide à la capitale grâce au train ou à l’autoroute. Comment l’intégrer à une offre culturelle dont elle ne maîtrise pas toujours la langue ou les codes? Quelle peut être sa place à côté d’une population qui reste majoritairement luxembourgeoise au cœur du pays.