RTL Group va opérer des coupes claires dans les effectifs du Corporate Center, jugé sur-staffé, et délocaliser des services à Cologne. Dictée par un changement de stratégie et un besoin d’autonomie des filiales, cette restructuration pose des questions au regard de sa conformité avec le contrat de concession qui lie le groupe à l’Etat luxembourgeois.

Sous pression des syndicats et de l’opposition, Xavier Bettel (DP) a fini par lever une partie du voile sur le volet resté «secret» de l’accord de concession liant l’Etat luxembourgeois au géant audiovisuel européen. Ce dispositif porte, entre autres, sur l’ancrage luxembourgeois.

D’après une annexe du «Protocole d’accord», signé le 31 mars 2017, RTL Group et CLT-UFA, les deux vaisseaux amiraux de l’entreprise média, doivent maintenir une «majorité» d’employés au Luxembourg et y prendre leurs décisions. Des obligations qui valent pendant toute la durée de la concession, jusqu’en 2030, comme l’a révélé le Premier ministre dans sa réponse à une question parlementaire.

Le dossier est politiquement sensible pour le gouvernement qui est attendu sur sa capacité à stopper le mouvement d’hémorragie qui pourrait faire à plus ou moins long terme de RTL Group une société boîte-aux-lettres. Pour autant, la marge de manœuvre des autorités luxembourgeoises est réduite.

Relâchement des liens

Le chef du gouvernement a beau jeu de répéter que RTL est une firme privée dans la gestion de laquelle il n’a pas à interférer. Il n’en reste pas moins que l’entreprise exploite des richesses – les fréquences – relevant de la souveraineté nationale en échange de la prestation d’activités TV et radio au Luxembourg, lesquelles survivent grâce au soutien financier public. Avec la perte de valeur des fréquences télévisuelles et la normalisation de la surveillance du secteur, il est clair que le Luxembourg n’a plus les mêmes atouts à faire valoir que dans le passé.

La donne a changé. Le gouvernement ne peut ni ne veut se montrer contrariant …