L’ex-avocate d’affaires Farida Chorfi, rayée à vie de la profession en 2023, va forcer le Barreau de Luxembourg à revoir ses règles. La Cour de cassation s’est penchée sur la conformité des procédures disciplinaires avec le respect des droits fondamentaux.

Comme un dernier pied de nez au Conseil de l’ordre des avocats du Barreau de Luxembourg, Farida Chorfi, ancienne avocate d’affaires, continue de régler ses comptes. La Cour de cassation a examiné le recours de son avocate Lydie Lorang qui s’attaque aux méthodes du Conseil disciplinaire et administratif des avocats. L’organe chargé de contrôler la profession et de sanctionner les errances de ses membres l’a condamnée le 13 juillet 2023 à une interdiction à vie d’exercer la profession d’avocat. Dix ans plus tôt, Farida Chorfi avait démissionné du Barreau, juste après avoir été visée à Luxembourg par une enquête pour faux et tentative d’escroquerie.

Conseillère juridique de la vicomtesse belge Amicie de Spoelberch, une des héritières des brasseries «AB Inbev» décédée en 2008, l’avocate est alors poursuivie pour s’être approprié, à la barbe des enfants adoptifs de la vicomtesse, un gros paquet d’actions au porteur (donc physiques) «Interbrew» (devenue AB Inbev) grâce à la complicité d’une banque de la place et d’un gérant de fortune. Selon l’accusation, Farida Chorfi a abusé de sa qualité d’avocate pour persuader sa cliente à écrire un testament dans lequel elle lui léguait tous ses biens et l’instituait légataire universelle.

Un testament qui sème le doute

L’avocate lui a fait croire que le testament en question était destiné à faire profiter une fondation de ses biens en cas de décès inopiné. Toutefois, un notaire en charge de l’acte fait déraper l’opération et la dénonce au parquet. Une enquête judiciaire est ouverte.

En première instance, l’avocate est condamnée par défaut à 30 mois de prison, dont 15 mois fermes en novembre 2014 …