Après la sévère défaite électorale de Viktor Orbán, le parti de son rival Péter Magyar, Tisza, devrait obtenir 138 des 199 sièges du Parlement, ce qui lui assure une supermajorité constitutionnelle. Retour sur la soirée où les Hongrois ont mis fin à un règne.

Par Jean-Baptiste Chastand (Le Monde, 2026)

Le parti de son rival Péter Magyar, Tisza, a obtenu plus de 53% des voix aux législatives, loin devant le Fidesz du premier ministre, qui en décroche à peine 38%. Tisza devrait obtenir 138 des 199 sièges du Parlement, ce qui lui assure une supermajorité constitutionnelle.

Fidèle à sa réputation de ville libérale et fêtarde, Budapest a dansé et exulté jusqu’au bout de la nuit. «C’est fini! C’est fini! C’est fini!», «Les Russes à la maison!», ont crié des dizaines de milliers de Hongrois, souvent jeunes et ivres de bonheur. Ils ont spontanément envahi les rues de la capitale hongroise pour célébrer, dimanche 12 avril, la lourde défaite de Viktor Orbán aux élections législatives. Après seize ans d’extrême droite au pouvoir et autant d’années de recul démocratique, Budapest n’était plus que bruits de klaxons, embrassades et beats de musique électronique.

Cette élection, qui s’était transformée en un vaste référendum pour Viktor Orbán et sa diplomatie prorusse, s’est terminée par une victoire historique de son adversaire conservateur et pro-européen, Péter Magyar. «Tous les Hongrois sentent dans leur cœur que cette victoire est le signal que la Hongrie est de retour en Europe. Et la Hongrie va être un allié solide de l’Union européenne», a-t-il promis dans un discours enflammé, prononcé sur les quais de la rive droite du Danube, en face du magnifique Parlement de Budapest où son parti va faire son entrée avec une majorité écrasante.

Hissés jusque sur le toit de la station de métro voisine pour tenter de l’apercevoir, ses milliers de partisans lui ont répondu en scandant avec émotion «Europa, Europa, Europa!», avec le soulagement de ceux qui avaient fini par «avoir complètement honte auprès du reste de l’Europe» de ce pouvoir nationaliste «qui mangeait dans l’assiette de Bruxelles», comme le décrit Agnes Farkas, comptable de 52 ans, venue avec sa fille de 14 ans pour participer aux célébrations et qui se dit, les larmes aux yeux, «de nouveau fière d’être hongroise» …