En décembre, le Parlement a adopté une loi sur la règlementation des drones sans qu’il y ait eu de débat public. Le gouvernement fait ainsi la sourde oreille face aux critiques. Pourtant, un simple regard du côté de la Belgique montre qu’il est possible de faire autrement.

Le contraste ne pourrait être plus frappant: fin janvier, trois ministres belges ont répondu publiquement aux questions du Parlement à Bruxelles. Il s’agissait de savoir comment la Belgique compte se protéger contre les drones. Les membres du gouvernement ont pris trois heures pour y répondre, aucune question n’était taboue. Au Luxembourg, par contre, les commissions parlementaires chargées de la mobilité et des institutions se sont réunies une semaine avant à l’exclusion du public. «Je ne ferai certainement pas de commentaires sur une réunion à huis clos», a dit la ministre Yuriko Backes (DP) aux journalistes qui attendaient et qui sont restés sans réponse à leurs questions.

Convenablement, la politicienne libérale n’a ainsi pas eu à aborder les lacunes évidentes de ses ministères en matière de défense contre les drones, dont Reporter.lu avait déjà fait état en octobre dernier. Ce n’est qu’en décembre que le Parlement a adopté une loi donnant à la Direction de l’aviation civile (DAC) le pouvoir de surveiller les drones et d’en réglementer l’utilisation. Conformément à l’approche de la ministre, les députés ont adopté ce texte sans débat.

Les autorités dans le flou

«Il n’y a aucune raison de paniquer. Nous disposons d’une bonne base de départ, mais il reste encore du travail à faire», a déclaré Meris Sehovic (Déi Gréng) après la réunion des commissions parlementaires. Le député de l’opposition a évité toute critique à l’égard de la coalition CSV-DP, acceptant ainsi l’inaction politique de longue date en matière de défense contre les drones.

L’exemple belge montre à quel point certains pays d’Europe occidentale sont en réalité mal préparés. À partir d’octobre 2025, la Belgique a été confrontée à des centaines d’incidents impliquant des drones au-dessus d’aéroports, d’installations portuaires, de centrales nucléaires et de terrains militaires. «Nous avons dû constater que les systèmes de détection n’étaient pas performants. Au cours des premières semaines, pratiquement aucun drone n’a été observé par des moyens techniques», a déclaré le ministre belge de la Sécurité et de l’Intérieur, Quintin Bernard, lors de la réunion de la commission parlementaire du 27 janvier.

Les autorités belges ont cependant dressé une liste de 588 incidents enregistrés entre septembre 2025 et fin janvier 2026. Parmi ceux-ci, 68 incidents concernaient des centrales nucléaires et 130 des sites militaires …