Malgré la réforme de 2025, le système des retraites nécessitera une refonte plus structurelle au cours de la prochaine législature. L’objectif sera d’adapter le financement et de combler les besoins en personnel face au vieillissement de la population. Analyse en cartes et en graphiques.
Faire de la politique consiste à faire des choix. Celui de la coalition CSV-DP de ne pas mener de réforme structurelle du système des pensions au cours de cette législature en est un. Hautement politique en l’occurrence. Justifiée par la solidité des réserves financières, la volonté de maintenir le dialogue social et la mise en oeuvre d’ajustements graduels, la décision reste un pari. Car si le pays dispose pour l’heure d’une population active jeune – 40,1 ans d’âge moyen au 1er janvier 2026 – qui ne cesse de grandir – de quelque 10.000 personnes en 2025 -, ce dynamisme apparent est amené à profondément se modifier.
En cause: l’accélération spectaculaire du nombre de pensionnés qui doit tripler à l’horizon 2070. Et donc la mise sous tension inéluctable du système par répartition actuel, basé sur la nécessité d’actifs toujours plus nombreux pour assurer son financement. Autrement dit, la recherche perpétuelle de croissance via l’attrait assumé de nouveaux résidents et de frontaliers. Sauf que ce système commence à se heurter à un ralentissement du nombre d’actifs et à la hausse des pensionnés. Ce qui va se traduire par un important déséquilibre entre recettes et dépenses.
Représentant pour l’heure 15% de la population, les plus de 65 ans devraient représenter un quart des résidents dans 50 ans, tandis que le nombre de pensions versées devrait représenter 27,9% du PIB. Contre 17,2% actuellement, selon les chiffres du Conseil national des finances publiques. Soit la plus forte hausse projetée au sein de l’Union européenne. Cette explosion des coûts trouve son origine dans trois éléments principaux. L’allongement observé de l’espérance de vie, de 1,5 an en l’espace d’une décennie, sans toutefois que l’espérance de vie en bonne santé ne s’allonge dans les mêmes proportions. Mais aussi le reversement de 87%, en moyenne, du dernier salaire perçu, contre un taux de remplacement de 67% au niveau européen.
Et enfin la hausse des dépenses liées aux maladies chroniques. Il est ici particulièrement question des différentes maladies de démence dont le nombre de patients devrait doubler au Luxembourg d’ici 2050, selon le dernier rapport de la fondation Alzheimer Europe. D’ici 25 ans, un résident sur 40 devrait être atteint de pathologies neurodégénératives ou vasculaires, telles que la maladie d’Alzheimer, la démence fronto-temporale ou la maladie de Parkinson. Soit quelque 20.000 personnes au total, contre 9.200 à l’heure actuelle …
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