Le promoteur immobilier Laurent Recouvreur a été condamné une deuxième fois pour non-publication de ses comptes. Entre litiges et liquidations, l’affaire illustre la crise de confiance qui frappe le secteur de la VEFA.
Le prévenu s’est présenté en septembre devant les juges sans avocat. Accusé d’infractions à la loi sur les sociétés commerciales, Laurent Recouvreur aurait déjà dû comparaître en décembre 2025, mais plusieurs reports d’audience ont retardé l’examen de son dossier. Lors de son procès, expédié rapidement, le promoteur immobilier a reconnu les faits qui lui étaient reprochés et a exprimé ses regrets: trois de ses sociétés luxembourgeoises, «Qubic Group», «Corum Capital Fond» et «LR Invest», ont enfreint les dispositions du droit commercial imposant des règles de transparence, notamment en ce qui concerne les délais de publication des bilans annuels.
Pour Laurent Recouvreur, ce type d’infraction n’est pas une première. En juin 2024, le promoteur, actif dans la VEFA, la vente de logements en l’état futur d’achèvement, a été condamné à 2.500 euros d’amende pour défaut de publication des comptes annuels de ses trois sociétés. Il a été poursuivi deux ans plus tard pour des faits identiques.
Le parquet poursuit désormais ces délits de manière systématique, dans un souci de protection des acheteurs et de la réputation de la place financière.
Sur les radars du parquet
Dans le secteur de la VEFA, ces affaires interviennent dans un contexte particulièrement sensible, ayant laissé des centaines de chantiers de construction de résidences à l’abandon et autant de familles incapables d’habiter leurs logements. Encadrée par une réglementation des années 1970 inadaptée et insuffisamment contrôlée, la VEFA a provoqué, dès 2022, une crise de confiance sans précédent des acheteurs et, du même coup, un retournement du marché, jusqu’alors florissant.
La défiance des acheteurs et des investisseurs s’est surtout matérialisée à la suite de la faillite fin 2022 du groupe «Cenaro», un important opérateur de la VEFA au Luxembourg. Des centaines de familles sont alors prises au dépourvu, surendettées par l’achat de logements sur plan ne pouvant pas être achevés.
L’affaire «Cenaro», révélée par Reporter.lu, met en lumière non seulement les failles de la règlementation sur la vente de logements sur plans, mais aussi les pratiques abusives très répandues de surfacturation, certains promoteurs – pas uniquement le groupe Cenaro – utilisant l’argent des acquéreurs à d’autres fins que la réalisation du projet immobilier contracté …
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