Un Luxembourgeois comparaît devant le tribunal en tant que «money mule» présumé d’un réseau de phishing. Il affirme n’en avoir rien su. Le parquet le considère toutefois comme complice d’un vaste système de fraude.
Le compte de Noah C. était presque toujours vide. L’homme vivait au jour le jour, ont constaté les enquêteurs de la police judiciaire en analysant ses mouvements financiers. Les sommes d’argent étaient dépensées presque aussi vite qu’elles arrivaient sur le compte. Mais fin 2024, une somme inhabituellement élevée pour Noah C. a soudainement été versée sur son compte: 7.000 euros.
Cet argent provenait d’une escroquerie en ligne dont un couple finlandais avait été victime. Noah C. aurait mis son compte à la disposition des escrocs, par l’intermédiaire duquel une partie du butin a été transférée puis retirée.
Près de deux ans plus tard, le jeune homme, aujourd’hui âgé de 23 ans, a donc dû répondre de ces faits mi-octobre devant la 23e chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg. Il est notamment accusé de blanchiment d’argent et d’escroquerie. Selon le parquet, il aurait joué le rôle de «money mule» – c’est-à-dire d’une personne, dont le compte a servi à la gestion de fonds obtenus frauduleusement.
Un accusé inconscient
Devant le tribunal, Noah C. a affirmé n’avoir rien su de l’origine de l’argent. «Je n’aime pas voler qui que ce soit», a déclaré l’accusé. A l’époque, après avoir traversé une période difficile, il venait tout juste d’obtenir une place dans un foyer d’hébergement accompagné. Il ne voulait certainement pas mettre cette place en péril. Ce n’était pas lui qui était responsable des versements, mais son ancienne petite amie. Il avait fait la connaissance de cette femme par l’intermédiaire d’une connaissance au parc de la ville de Luxembourg. Elle lui aurait dit avoir des problèmes avec ses comptes et lui aurait demandé sa carte bancaire et ses coordonnées bancaires. Elle aurait voulu faire virer de l’argent sur son compte afin de commander des cadeaux de Noël.
Cette approche plus répressive a contribué à freiner la vague de fraudes.»Une porte-parole de la justice
«Pourquoi donnez-vous votre carte à quelqu’un avec qui vous venez tout juste de vous mettre en couple? Surtout quand vous n’avez absolument rien», a demandé la présidente de la chambre correctionnelle à l’accusé …
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