Plusieurs avertissements ont conduit à la suspension de la «Luxembourg Flight Training Academy» (LFTA). Un jugement rend publics les détails d’un litige et la méfiance profonde de l’autorité de surveillance aérienne DAC envers les pratiques de formation de l’école de pilotage.
Au Luxembourg, ceux qui souhaitent devenir pilotes professionnels n’ont que peu d’options. En réalité, il n’y en a qu’une seule: suivre une formation à la «Luxembourg Flight Training Academy» (LFTA). Cette association à but non lucratif est le seul établissement du pays à proposer une formation de pilote de ligne, incluant une formation sur simulateur, et à disposer de sa propre flotte d’avions. Mais depuis décembre dernier, les activités de formation sont à l’arrêt et environ 28 aspirants pilotes ne savent pas comment poursuivre leur formation professionnelle.
La raison en est une décision prise par l’autorité nationale de surveillance aérienne le 8 décembre 2025. À cette date, la Direction de l’aviation civile (DAC) a en effet décidé de suspendre provisoirement la licence de vol de la LFTA. Au début de la nouvelle année, les exploitants de l’école de pilotage ont rendu leur affaire publique: ils ont accusé la DAC de «persécution» et l’ont critiquée comme étant «inefficace et arbitraire». Interrogée à ce sujet, l’autorité de surveillance aérienne n’a jusqu’à présent fait aucun commentaire sur ces accusations.
Cinq audits et des irrégularités répétées
Une ordonnance du tribunal administratif du 15 janvier de cette année fournit des informations sur le contexte de la suspension. Le 24 décembre, l’école de pilotage avait en effet déposé une requête en sursis à exécution auprès du tribunal administratif, requête que le tribunal a rejetée.
Le juge compétent a fait remarquer qu’une demande de suspension de l’exécution était un jugement rendu en référé et qu’il n’était possible de procéder qu’à un examen superficiel des faits. Néanmoins, les accusations de la DAC auraient été suffisamment détaillées pour justifier une suspension. Il appartenait donc à une procédure régulière de déterminer si la suspension était légale. En effet, selon le juge, une suspension de l’exécution ne pouvait être prononcée qu’en cas de décision manifestement erronée de l’autorité.
Les mesures finalement acceptées n’étaient implémentées que partiellement ou temporairement (…).“Lettre de la DAC à la LFTA
Comme le montre l’ordonnance de 33 pages dont dispose Reporter.lu, la suspension de la «Luxembourg Flight Training Academy» a un certain historique. Dans une lettre recommandée adressée à l’école de pilotage le 12 novembre 2025, l’autorité de surveillance aérienne retrace la chronologie des événements qui ont finalement conduit à la suspension de la licence. Selon cette lettre, la DAC a effectué au total cinq audits de l’école de pilotage, en janvier, février et juillet 2024, ainsi qu’en mars et juin 2025.
Une suspension temporaire de la licence avait déjà été prononcée en juin 2024. À chacun de ces audits, l’école de pilotage avait présenté un plan d’action visant à remédier aux irrégularités. Cependant, comme l’indique la DAC dans sa lettre à l’école de pilotage: «Les mesures finalement acceptées n’ont été mises en œuvre que partiellement ou temporairement, de sorte que lors des audits et inspections ultérieurs, mes services ont de nouveau constaté des manquements identiques ou similaires …
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