Visé par une procédure disciplinaire, l’ancien directeur de la police judiciaire, Steve Schmitz, n’a pas été sanctionné. Le ministre compétent, Léon Gloden, a dû renoncer à réprimer les actes du policier qui était accusé de fraude et de traitement abusif envers ses équipes.
Le directeur du Service de police judiciaire (PJ) inspirait une telle crainte à ses subordonnés qu’ils évitaient de le croiser dans les couloirs pour échapper à sa colère. Selon l’enquête de l’Inspection générale de la police (IGP), ses sautes d’humeur auraient rendu le climat de travail dans les bureaux très difficile. Au cœur d’une procédure disciplinaire, l’ancien dirigeant était accusé d’avoir manipulé le programme informatique pour comptabiliser à son avantage des heures de travail qu’il ne réalisait pas. Le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden (CSV), n’a pas ménagé, lors de cette procédure, Steve Schmitz, l’ancien directeur de la PJ, en poste entre 2018 et 2024.
L’ex-directeur de la PJ a pourtant échappé à toute sanction, profitant d’une faute de procédure des services de l’Etat. Pascal Peters, le directeur général de la police, avait saisi le Conseil de discipline le 16 février 2026, après qu’une enquête pénale ait tourné court le 3 juillet 2025 à la suite du classement des poursuites pour concussion visant Steve Schmitz. Reporter.lu avait rapporté en mai dernier les déboires judiciaires du policier qui s’en était alors tiré avec un avertissement du parquet à personne susceptible d’avoir commis l’infraction de concussion, inscrite aux articles 243 et 244 du Code pénal.
A la surprise générale, le policier avait demandé après 2024 sa mutation au service de logistique de la police. Il abandonnait aussi à toute ambition de monter en grade dans la hiérarchie. Cette renonciation cachait en réalité des ennuis avec la justice puis des poursuites disciplinaires.
Accusation de harcèlement moral
Sa bonne étoile l’a suivi dans la procédure disciplinaire qui s’est achevée le 31 juillet dernier. «Monsieur Steve Schmitz, fonctionnaire retraité du groupe A1 de la Police grand-ducale, est renvoyé des fins de la poursuite disciplinaire intentée contre lui par saisine du Conseil de discipline du 16 février 2026», écrit le ministre Léon Gloden. Sa décision de classer l’affaire, que Reporter.lu a pu consulter, faisait suite à un avis du Conseil de discipline de la police qui proposait une sanction minimale contre le policier haut gradé.
L’intéressé était parfois absent du travail sans excuse et a modifié ses heures de travail sans validation de la part de ses supérieurs en profitant d’une faille du système informatique dans le programme.“
Décision du ministre des Affaires intérieures
L’ancien patron de la PJ a été convoqué, le 8 mai dernier, devant cette juridiction disciplinaire, pour s’expliquer sur deux dossiers distincts que le directeur général de la police avait transmis trois mois plus tôt, en février 2026. La première affaire portait sur des irrégularités dans le décompte des horaires et la seconde concernait des accusations de harcèlement moral. Steve Schmitz avait pris en grippe une de ses subordonnées et membre de la direction de la PJ. La victime avait dénoncé des faits auprès de sa hiérarchie et demandé à bénéficier du régime de protection contre le harcèlement moral …
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