Le promoteur Kindy Fritsch tente de sauver son groupe immobilier. Un sursis de quatre mois lui a été accordé pour se réorganiser et vendre un immeuble à Hamm pour payer ses dettes. Le dirigeant est visé par une procédure d’abus de biens sociaux par un de ses créanciers.
Il est loin le temps où le «who’s who» de l’économie luxembourgeoise se déchaînait jusqu’à plus d’heure et à fond la musique aux fêtes organisées dans une villa sur les hauteurs de Cannes lors du MIPIM – la foire mondiale de l’immobilier.
Aujourd’hui, la maison semble à l’abandon. L’un de ses propriétaires, le promoteur Kindy Fritsch, lâché par les banques, est cerné par le fisc et d’autres créanciers. Il est aussi au cœur de procédures judiciaires qui s’accumulent depuis l’été dernier. Ces litiges documentent l’endettement d’un groupe qui compte de nombreuses administrations publiques parmi ses locataires. Les loyers versés par l’Etat ont d’ailleurs été mis sous séquestre au printemps dernier. Ces blocages ont aggravé l’étranglement financier du bailleur, déjà aux prises avec la crise immobilière.
Sursis après dépeçage
Après le placement sous administration judiciaire, puis la faillite de «Greenfinch», le vaisseau amiral du groupe, fort de 329 millions d’euros d’actifs en portefeuille, il y a encore cinq ans, les sociétés de la constellation du fonds immobilier tombent une à une. Pour autant, Kindy Fritsch veut croire au sauvetage de son projet phare, un immeuble commercial de 70.000 mètres carrés, commercialisé sous le nom de «Connection» à Hamm. Le bâtiment est pratiquement achevé et serait loué à 70% selon les chiffres avancés par son propriétaire.
Les juges lui ont offert, fin décembre, une dernière chance de se refaire une santé. Le petit-fils du fondateur des supermarchés «Cactus» a quatre mois, jusqu’en avril 2025, pour sortir de l’impasse deux de ses sociétés qui ont jusqu’à présent échappé au dépeçage de Greenfinch. Il s’agit de «Connection Property Development» et «Silverfinch Property & Asset Management». Compte tenu du caractère «systémique» du bâtiment et du promoteur lui-même, le marché de bureaux prie ses grands dieux pour éviter le risque d’un effet domino sur l’ensemble d’un secteur déjà en souffrance.
Le ministère public sollicite la nomination d’un administrateur provisoire qui pourrait (…) surveiller les dépenses de la société eu égard à la teneur de la liste des créanciers.“Jugement commercial du 23 décembre
Echaudés par la crise, les banquiers semblent ne faire plus de concessions aux promoteurs, même aux opérateurs les mieux établis sur le marché immobilier. Les fonds de «private equity» et de titrisation, auxquels le marché a fait appel pour contourner les réticences des banques conventionnelles à prêter de l’argent, ne font pas non plus de quartiers aux mauvais payeurs. Kindy Fritsch et tant d’autres professionnels avec lui font les frais du durcissement des conditions de crédit …
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