Les langues à la maison guident le projet Alpha

Pour répartir les élèves entre alphabétisation en allemand et en français, les enseignants se sont appuyés sur «les profils des élèves». Les chiffres montrent que le contexte linguistique du foyer sert de référence.

A ce jour, une seule certitude existe quant à la rentrée 2027/2028. Celle du morcellement à venir du paysage scolaire avec l’entrée en vigueur du projet «Alpha». Si le visage des 164 écoles publiques fondamentales devrait être proche  des estimations réalisées par les enseignants, dévoilées par Reporter.lu, chacune d’entre elles s’intègre, schématiquement, dans l’un des deux grands ensembles identifiés.

D’un côté les établissements du centre et du sud du pays qui opteraient pour un apprentissage de la lecture et de l’écriture en français pour la majorité des futurs élèves du cycle 2.1. Et de l’autre, les communes du nord et de l’est qui maintiendrait une majorité d’élèves dans une alphabétisation en allemand. Seules huit écoles opteraient pour une répartition strictement paritaire entre les deux langues.

Des inégalités linguistiques toujours plus marquées

Mais si la future école fondamentale dresse en creux le portrait d’un pays où se côtoient plusieurs réalités, elle en dévoile aussi les forces et les faiblesses. Tant sur le plan socio-économiques que culturel. Pour dresser la répartition future des classes du cycle 2.1,  enseignants et directions régionales du fondamental se sont officiellement basés sur «les profils des élèves».

Il est illusoire de penser que tous les enfants bénéficieront des mêmes chances grâce au projet Alpha.“

Carla Carvalho, Représentation nationale des parents d’élèves

Une notion qui repose principalement sur l’expertise et les retours de terrain du corps enseignant. Mais pas uniquement. Depuis 2010 et le règlement grand-ducal sur l’attribution des leçons aux communes et syndicats scolaires, le ministère de l’Education nationale dispose du profil détaillé des écoles fondamentales. Réalisée tous les deux ans par le «Luxembourg Institute of Socio-Economic Research» (Liser), cette étude chiffrée analyse quatre critères: les langues employées à domicile, la structure familiale, la précarité professionnelle des parents et les revenus.

Consulté par Reporter.lu, le dernier rapport non public de l’institut de recherche dresse un constat simple. L’école fondamentale reste encore et toujours marquée par de profondes inégalités. Et celles-ci s’aggravent, particulièrement en matière de diversité linguistique et de précarité …

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