La police a enregistré plusieurs vols suspects de drones lors des festivités organisées pour la succession au trône du grand-duc. Le Luxembourg est peu préparé à ce phénomène. En effet, la législation est lacunaire et les infrastructures critiques ne sont pas suffisamment protégées.

Une certaine nervosité règne dans l’air. Dans toute l’Europe, y compris au Luxembourg. La raison: les drones. Leur nombre augmente également de manière exponentielle dans le Grand-Duché. Les incidents impliquant des objets sans pilote qui enfreignent les interdictions de vol se multiplient. Lors des célébrations du changement de trône le 4 octobre, la police luxembourgeoise a constaté, selon les informations de Reporter.lu, trois violations de la zone d’exclusion aérienne temporairement mise en place pour protéger l’évènement. Dans deux cas, les drones ont été saisis, selon les informations fournies par Reporter.lu. La police n’a pas souhaité donner plus de détails à ce stade.

De tels incidents ne sont pas toujours synonymes de danger concret. Mais ils ont également fait les gros titres à plusieurs reprises dans les pays voisins ces dernières semaines. À Kiel, fin septembre, toute une flotte de drones a survolé plusieurs infrastructures critiques, a rapporté le magazine «Der Spiegel». Les autorités allemandes estiment qu’il est tout à fait possible que ces objets volants sans pilote aient été pilotés depuis un navire de la flotte fantôme russe. En Belgique, un incident s’est produit début octobre à la frontière germano-belge. Selon les médias, 15 drones d’une envergure pouvant atteindre deux mètres ont survolé la base militaire d’Elsenborn. À cela s’ajoutent des observations de drones dans des aéroports européens, qui ont entraîné des suspensions temporaires du trafic aérien.

Les incidents se multiplient

Alors que les gouvernements d’autres États membres de l’UE soulignent depuis longtemps la dimension stratégique des vols de drones, il n’existe pas de règles juridiques claires au Luxembourg. Un projet de loi prévoyant des amendes pour les pilotes de drones ayant des intentions malveillantes est en suspens depuis des années dans la procédure parlementaire. Les zones d’exclusion aérienne, qui visent à dissuader les drones de manière préventive, sont très lacunaires par rapport aux pays voisins. La question de savoir qui peut intervenir en cas d’urgence et par quels moyens est également loin d’être claire.

Depuis le début de l’année, aucun vol suspect de drone n’a été signalé au-dessus d’infrastructures critiques telles que les réseaux de télécommunications ou d’électricité, a répondu le gouvernement début septembre à une question parlementaire du député André Bauler (DP). La police a toutefois reçu des signalements de drones dans des zones d’exclusion aérienne. Le Premier ministre, Luc Frieden (CSV), la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes (DP), et le ministre de l’Intérieur, Léon Gloden (CSV), n’ont pas donné plus de détails à ce sujet.

Une zone de protection géographique sur chaque infrastructure critique aurait l’effet paradoxal de les mettre en évidence. »Direction de l’aviation civile

En avril dernier, Yuriko Backes et Léon Gloden avaient répondu à …