Plus d’argent dans la poche: le CSV et le DP tiennent leur promesse électorale avec un paquet de mesures de plusieurs milliards d’euros. Le gouvernement reste fidèle au bon vieux principe de l’arrosoir. Mais il jette par-dessus bord toute prudence budgétaire, même en période d’incertitude. Un commentaire.

«Un allègement fiscal pour la plupart des gens, sans que personne n’y perde»: c’est ainsi que le ministre des Finances Gilles Roth (CSV) a résumé ce qui constitue probablement sa réforme la plus importante. Mais la coalition CSV-DP ne se contente pas de réduire les impôts de centaines de milliers de ménages. Les allocations familiales sont également augmentées, les frais de garde d’enfants sont pris en charge dans une plus large mesure qu’auparavant et le barème fiscal est à nouveau automatiquement ajusté à l’inflation. L’ensemble de ces mesures coûtera à l’État luxembourgeois jusqu’à 1,3 milliard d’euros à partir de 2029. Par an, précisons-le.

C’est la quintessence de la politique luxembourgeoise: tout le monde y trouve son compte, avec une touche de social en prime. Enfin, les dépenses supplémentaires et les pertes de recettes sont sensées se financer d’elles-mêmes. Le Luxembourg semble être une île heureuse où l’argent pousse et où l’État n’a plus qu’à le distribuer. Pourtant, les perspectives économiques restent incertaines et, au niveau international, les signes avant-coureurs d’une tempête sont là.

Peu importe le coût

Les quatre ministres qui ont présenté mardi le paquet de mesures au public se sont gardés de mentionner le coût total. Ce n’est qu’après avoir été interrogés qu’ils ont communiqué les chiffres, qui permettent d’estimer la facture totale à plus de 1,3 milliard d’euros. Le Premier ministre Luc Frieden (CSV) s’est montré rassurant: «En matière de politique sociale, il y a une autre dimension que le coût: il s’agit de donner plus de moyens aux habitants de ce pays.» Selon le chef du gouvernement, l’objectif est avant tout d’aider les enfants exposés au risque de pauvreté.

En effet, l’augmentation des allocations familiales, la baisse du coût de la garde d’enfants et l’exonération fiscale de davantage de ménages à faibles revenus aideront ces familles. Mais selon les plans de la coalition, les allocations familiales n’augmenteront pas seulement pour ceux qui ont réellement besoin de plus de moyens, mais pour tout le monde: chaque ménage verra sa charge allégée ou, du moins, ne sera pas soumis à une charge supplémentaire.

Cela vaut même pour les ménages qui sont très loin du risque de pauvreté. Une famille disposant d’un revenu supérieur à 200.000 euros et ayant un adolescent bénéficiera ainsi, à partir de 2028, d’un avantage fiscal de plus de 5.000 euros et d’allocations familiales supplémentaires de plus de 800 euros par an …