La réduction sur les carburants coûte de l’argent à l’Etat et favorise les énergies fossiles. Mais la liste des subventions nuisibles au climat ne s’arrête pas là. D’autres mesures compromettent également les objectifs climatiques et privent le gouvernement de recettes.
«Ce ne sont pas des mesures agréables que nous prenons. Mais elles contribuent à limiter l’inflation», a déclaré Nora Back à l’issue de la Tripartite en juin. La présidente de l’OGBL faisait principalement référence à la réduction sur le carburant, qui abaisse le prix de l’essence et du diesel de cinq centimes par litre depuis le 1er juillet. Les partenaires sociaux ont toutefois adopté plusieurs autres mesures visant principalement à réduire les coûts des énergies fossiles. Alors que l’Europe a littéralement pris feu ces dernières semaines, le gouvernement subventionne donc l’utilisation d’essence, de diesel et de gaz nuisibles au climat.
Cette contradiction en matière de politique climatique a été une nouvelle fois mise en évidence par les mesures prises lors de cette dernière Tripartite. Mais même avant la guerre en Iran, le gouvernement n’hésitait pas à maintenir des subventions nuisibles au climat, voire à en introduire de nouvelles. Le coût de ces mesures se chiffre en centaines de millions et compromet la réalisation des objectifs climatiques nationaux.
Une Tripartite néfaste pour le climat
L’objectif des partenaires sociaux lors de la Tripartite du printemps était d’amortir les conséquences de la guerre en Iran et, surtout, d’empêcher une nouvelle tranche d’indexation. La protection du climat était reléguée au second plan. Les listes de revendications des syndicats et du patronat mettaient donc principalement l’accent sur des mesures visant à contenir les prix de l’énergie. Le prix du pétrole, en particulier, a connu des fluctuations brutales en raison du conflit au Proche-Orient et est considéré comme un moteur majeur de l’inflation. La conséquence logique serait donc d’agir sur ces prix, selon l’argumentation des partenaires sociaux. Toutefois, cette mesure implique également un nouveau subventionnement public des énergies fossiles.
Comme l’a calculé la «Fondation Idea», l’économie réalisée grâce à la remise sur le carburant s’élève à peine à 87,5 euros, même pour un grand conducteur parcourant 50.000 kilomètres par an. En revanche, la subvention de cinq centimes par litre coûte 44,1 millions d’euros à l’Etat. En plus de la réduction sur le carburant, une subvention de 15 centimes par litre a été mise en place pour le diesel agricole et le mazout, qui restera également en vigueur jusqu’à la fin de l’année. Cela représente 10,1 millions d’euros supplémentaires de recettes perdues pour l’Etat. Un autre point concerne la hausse des coûts du chauffage au gaz …
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