Un ancien pompier condamné pour incendie volontaire a sombré dans les milieux d’extrême droite. Il diffusait des symboles nazis et des messages antisémites dans des groupes WhatsApp. Il vient d’être condamné pour incitation à la haine et révisionnisme.

Pour Philippe Z., tout n’était apparemment qu’une blague. «J’ai toujours eu un humour noir», a déclaré le jeune homme de 34 ans devant le tribunal fin septembre. Il affirme pouvoir sourire à des images et des phrases que d’autres trouvent offensantes. Il ne nie pas avoir publié les messages qui lui sont reprochés. Cependant, il affirme ne pas partager les convictions d’extrême droite. La juge présidente ne se montre pas compréhensive à l’égard de l’accusé. «On se demande vraiment où est la blague», rétorque-t-elle. Son regard scrute le visage de cet homme grand et mince, comme si elle espérait y trouver une explication à ses actes.

Le tribunal trouve en tout cas suffisamment d’arguments pour établir sa culpabilité: un an d’emprisonnement et une amende de 1.000 euros, tel est le verdict rendu jeudi dernier par la 9e chambre pénale du tribunal d’arrondissement de Luxembourg. L’accusé ne peut plus bénéficier d’une peine avec sursis car il avait déjà été condamné  en juin 2016 à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour incendie volontaire.

C’est maintenant, neuf ans plus tard que Philippe Z. a dû répondre devant le tribunal principalement d’incitation à la haine et de minimalisation de l’Holocauste. Entre février 2018 et mars 2019, il aurait diffusé 21 messages antisémites et xénophobes sur WhatsApp. Parmi ceux-ci figuraient des symboles nazis, des propos choquants et des photomontages. L’un d’eux montrait la tête d’Anne Frank, assassinée par les nazis, montée sur une boîte à pizza portant le nom «Die Ofenfrische».

Une radicalisation constante

Les résultats de l’enquête dans cette affaire suggèrent que les publications sur WhatsApp sont bien plus que de l’«humour noir». Elles semblent plutôt être l’expression d’une radicalisation progressive. Elles montrent également des parallèles entre les accusations d’incitation à la haine et les incendies volontaires et autres comportements similaires de l’accusé …