Les incendies en Gironde étaient «stabilisés» mais les vents changeants et les fortes températures maintiennent les pompiers en alerte. Les flammes continuent de menacer les abords de la métropole bordelaise et les évacuations se poursuivent. Reportage.
Par Jean-Philippe Rémy (Le Monde, 2026)
Même les bonnes vagues qui se sont enfin formées sur l’océan, attendues par les surfeurs depuis des semaines, ne parviennent pas à rendre à Lacanau (Gironde) son air de vacances. Il est 10 heures, mardi 28 juillet, quand les alertes hurlent sur les téléphones portables et font sursauter la ville aux rues étrangement désertes, avertissant d’une évacuation qui concerne, essentiellement, les résidents des campings.
La mesure semble déconcertante au premier abord – pourquoi les campings? –, mais elle vise à se prémunir d’une éventuelle progression des feux ou de leurs émanations, poussées par les vents changeants, en direction de la station balnéaire. L’évacuation englobe aussi, en réalité, les ultimes vacanciers n’ayant pas déjà pris, de leur propre chef, la décision de s’éloigner du feu, toujours indompté.
Le départ de Lacanau du dernier carré de touristes – 4.000 personnes – s’organise en un tournemain. Il n’y a pas de fumées, pas même d’odeur de feu identifiable, pas de panique, encore moins de colère. Chacun sait que les flammes continuent de jaillir sans prévenir, depuis leurs caches dans la terre, les souches, les braises innombrables, n’attendant qu’un souffle pour brûler à nouveau dans cette large bande lovée entre l’Atlantique et les abords de la métropole bordelaise.
A Lacanau, les vacanciers sortent à la queue leu leu dans leurs véhicules et caravanes du camping cinq étoiles des Pins. Ne restent que les saisonniers, comme Marie, qui a vu partir ce matin 800 clients, et n’est pas encore certaine d’être au chômage technique …
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