Un demi-million d’euros, trois ans et une fraude que personne n’a remarquée: Un chef de service de la «Baloise» a régulièrement transféré des fonds de la compagnie d’assurance vers ses comptes personnels. Ce cas révèle aussi des failles dans les procédures internes.
Gregory P. jouissait d’une grande confiance – et il en a profité. Pendant des années, ce chef de service a abusé de ses pouvoirs au sein de la compagnie d’assurance «Baloise» et a transféré des fonds de la société vers ses propres comptes bancaires: au total, environ 560.000 euros. Ce n’est qu’en mars 2023, lorsqu’il a été licencié pour d’autres fautes, que la fraude a été découverte.
A la mi-septembre 2026, l’homme de 50 ans a donc dû répondre de ses actes devant une chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg. Il y était accusé d’escroquerie, de blanchiment d’argent, de faux et usage de faux, d’abus de confiance, de vol et d’intrusion illicite dans un système informatique. Gregory P. ne s’est toutefois pas présenté au tribunal. Le procès, auquel Reporter.lu a assisté, s’est déroulé en son absence.
Cette procédure judiciaire ne se contente toutefois pas de montrer comment Gregory P. a procédé. Elle soulève également la question de savoir pourquoi cette fraude a pu rester si longtemps non détectée au sein de la compagnie d’assurance. L’accusé n’a pas seulement réussi à contourner les mécanismes de contrôle internes automatisés. Comme il l’a expliqué dans le cadre de l’instruction, son supérieur hiérarchique direct ne disposait pas de connaissances informatiques suffisantes pour détecter les manipulations du chef de service.
Trois ans, un mode opératoire
Gregory P. a débuté sa carrière au sein de la compagnie d’assurance en avril 2016. Selon l’acte d’accusation, le détournement de fonds a commencé quatre ans plus tard. En novembre 2020, il a en effet effectué le premier d’une longue série de virements.
En tant que responsable du service «Indemnisations Risques Standards», il disposait de larges pouvoirs opérationnels et d’un accès aux comptes de la société. Son mode opératoire aurait suivi un schéma bien établi: il créait de fausses demandes d’indemnisation, manipulait les comptes de l’entreprise et ordonnait des virements vers ses comptes personnels …
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