Un groupe de travail parlementaire devait examiner la mise en place d’un statut unique pour les députés. Cela devait ouvrir la voie à la suppression des doubles mandats. Or, les négociations ont échoué pour la deuxième fois en un an. Le point crucial reste la rémunération.
Ce devait être la dernière tentative: le président du Parlement, Claude Wiseler (CSV), a mené ces derniers mois des discussions avec tous les groupes parlementaires et sensibilités politiques afin de trouver, peut-être, une solution à la question des doubles mandats. Début juillet, les membres du groupe de travail sur le statut des députés devaient débattre des résultats de ces discussions. Le résultat a été décevant, car identique à celui d’octobre 2025: les partis n’ont une nouvelle fois pas réussi à s’entendre sur l’objectif de la réforme et, par conséquent, sur la rémunération des députés.
Or, lorsque le groupe de travail s’est réuni le 1er juillet après une pause de près de neuf mois exactement, il devait en réalité débattre d’un nouveau texte de compromis. L’objectif était de faire un premier pas vers un statut unique en clarifiant la question des cotisations sociales liées à la rémunération des députés, en améliorant la protection contre le licenciement pendant le congé politique et en redéfinissant les indemnités transitoires versées après le départ du Parlement. Ainsi, la durée des versements devait être liée au nombre d’années passées au Parlement, comme c’est déjà le cas, par exemple, au Parlement européen. Ce texte était le fruit des négociations menées par Claude Wiseler avec les groupes parlementaires. Le chef du groupe CSV, Laurent Zeimet, avait toutefois d’autres projets.
«Le CSV est favorable à une rémunération uniforme pour les députés, qui diminuerait en cas d’exercice d’un double mandat», a déclaré Laurent Zeimet lors d’un entretien avec Reporter.lu. Son groupe propose donc de doubler le salaire des députés. Celui-ci diminuerait alors en cas de double mandat ou d’activité secondaire. Cette proposition a surpris les autres participants à la réunion. Et le compromis âprement négocié par Claude Wiseler a ainsi été remis sur la table.
Retour à la case départ
Dès janvier, Laurent Zeimet, nouveau chef du groupe parlementaire du CSV et successeur de Marc Spautz, avait déclaré sur «Radio 100,7» que son parti souhaitait continuer à s’en tenir à un paquet global. Pour la nouvelle législature, il y aurait alors un statut unique et la question du double mandat serait ainsi également réglée. Le chef du groupe parlementaire du CSV a montré qu’il était sérieux lors de ladite réunion du groupe de travail du 1er juillet.
Je suis déçu que nous ne parvenions pas à avancer. Pour le DP, n’importe quelle raison semble suffisante pour continuer à bloquer une réforme.»Yves Cruchten, député du LSAP
«Pour moi, la discussion n’avait donc aucun sens. J’ai quitté la réunion car on ne savait pas clairement de quoi il était question», explique Claude Haagen (LSAP) dans un entretien avec Reporter.lu. Il remplaçait lors de cette réunion son collègue de parti Yves Cruchten. Les autres membres ont poursuivi les discussions sans les socialistes, mais la frustration était palpable chez tous. Les autres partis ont sans doute été surtout surpris que le chef du groupe parlementaire du CSV soit resté fidèle à sa ligne adoptée en début d’année.
La proposition de Laurent Zeimet a en tout cas ramené les négociations entre les groupes parlementaires à leur point de départ …
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