L’ALIA peine à trouver la stabilité après la défection d’un administrateur et des décisions contestées concernant «RTL». La réforme du régulateur, censée améliorer sa gouvernance, soulève d’ailleurs des doutes sur la volonté du gouvernement de reprise en main.
Romain Schroeder a siégé un peu plus d’un an au conseil d’administration de l’Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel (ALIA). Sans faire de bruit, le coordinateur du service éducatif du «Zentrum fir politesch Bildung» a quitté le régulateur du secteur audiovisuel. Sa démission remonte au 18 décembre dernier, mais son nom et sa photo au visage souriant, s’affichent toujours dans la gouvernance sur le site internet de l’ALIA. Romain Schroeder est discret sur les motifs de son départ. Contacté par la rédaction, l’intéressé assure des raisons personnelles l’ayant conduit à cette sortie de piste.
Son mandat de cinquième administrateur est donc vacant depuis quatre mois, sans que le Service des médias, de la connectivité et de la politique numérique (SMC) du ministère d’Etat n’ait jusqu’à présent pourvu à son remplacement. «Monsieur Schroeder demeure membre (démissionnaire) du conseil d’administration jusqu’à ce qu’il soit procédé à son remplacement», fait savoir, à la demande de Reporter.lu, le service de presse du SMC.
Malaise et frustrations
Toutes les décisions du conseil de l’ALIA depuis le 25 novembre 2025 se sont prises sans Romain Schroeder, à trois ou à quatre de ses membres, selon les dossiers. Le 4 février dernier, un appel à candidature a été lancé. Le conseil d’administration de l’ALIA, présidé par Marc Glesener, ex-journaliste et figure du CSV, a eu des entretiens avec les postulants à la mi-avril. «La nomination du nouveau membre par voie d’arrêté grand-ducal devrait intervenir dans les prochaines semaines», précise le ministère d’Etat de Luc Frieden (CSV).
Cette longue vacance de poste est symptomatique du malaise et des frustrations au sein de la petite équipe sous-financée, en zone de perturbation depuis le claquage de porte en septembre 2024 du haut magistrat Thierry Hoscheit de sa présidence et le départ de Paul Lorenz de la direction générale.
Il a d’ailleurs fallu trois mois avant que le gouvernement pourvoie au remplacement de Thierry Hoscheit, autre signe d’une gestion dysfonctionnelle de la structure par le gouvernement. Eminent magistrat, Thierry Hoscheit avait annoncé sa démission le 2 juillet 2024 avec effet au 15 septembre suivant, pour laisser le temps aux autorités de compléter l’attelage à cinq du conseil d’administration …
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