Acheter un logement au Luxembourg devient hors de portée pour un nombre croissant de jeunes actifs. De plus en plus d’entre eux choisissent donc de s’installer au-delà des frontières. Face à ces «frontaliers atypiques», le gouvernement reconnaît le problème, tout en s’en remettant aux règles du marché de la Grande Région.

Sur la rive allemande de la Moselle, à quelques kilomètres en amont de Grevenmacher, se trouve le paisible village de Nittel. Connu depuis des siècles comme village viticole, il s’avère aujourd’hui être un lieu emblématique du phénomène des «frontaliers atypiques»: des Luxembourgeois qui s’installent à l’étranger, mais continuent à travailler dans leur pays d’origine et font la navette tous les jours. À l’arrivée, on remarque immédiatement le nombre de plaques d’immatriculation jaunes ; elles sont certes minoritaires, mais présentes dans pratiquement toutes les rues. Elles sont particulièrement nombreuses dans la Moselstraße, d’où l’on a une belle vue sur le Grand-Duché à l’ouest.

Un passant, qui vit à Nittel depuis près de 20 ans, trouve sa vie très agréable. Il est originaire des environs de Grevenmacher, où vivent encore beaucoup de ses amis et membres de sa famille, et travaille à Potaschberg, raconte-t-il. Il a ainsi « réuni le meilleur des deux mondes », dit-il avec un sourire.

Sur la terrasse d’une ferme viticole, deux Allemands profitent de leur soirée. L’un d’eux travaille au Grand-Duché et trouve étrange de ne croiser pratiquement aucun Luxembourgeois au travail, mais d’en rencontrer chez le boulanger ou au café de leur village. L’autre se plaint que les Luxembourgeois rendent tout plus cher dans le village, car ils sont prêts à payer presque n’importe quel prix.

La tendance à l’exode transfrontalier que l’on observe ici…