En Bosnie-Herzégovine, des manifestations rassemblent depuis neuf mois des milliers de personnes demandant que lumière soit faite sur la mort de David Dragičević, décédé dans d’obscures circonstanes. La mobilisation a cru jusqu’à devenir le plus important mouvement citoyen que le pays ait connu ces dix dernières années.

C’est dans la rivière Vrbas, à Banja Luka – la capitale de l’entité Serbe de Bosnie – que le corps de David Dragičević a été retrouvé le 24 mars 2018, une semaine après sa disparition. Le 26 mars, la police régionale concluait à un décès accidentel par noyade survenu après une bagarre, présentant ensuite la victime comme un voleur et un toxicomane. Une thèse aussitôt réfutée par la famille de la victime à la vue des hématomes présents sur son corps. Face à la pression populaire, un rapport fut produit par le parquet régional, qui conclut qu’il „y avait une suspicion“ que David Dragičević ait été tué. Mais mis au vote, il fut rejeté par le parlement de la Republika Srpska.

Depuis, le mouvement « Pravda za Davida » (« Justice pour David ») demande que les circonstances de sa mort soient élucidées. Officiellement, une enquête est en cours, mais elle n’a pour le moment donné lieu à aucune arrestation. Les manifestants accusent la police de ne pas faire son travail et de couvrir les véritables coupables. Ils demandent également la démission des principaux élus régionaux, dont le président de l’entité, le nationaliste Milorad Dodik.

Égalité devant la loi en question

« Ce mouvement exprime le fait que les gens dans notre pays ne sont pas égaux devant la loi », explique la politologue bosnienne Zlatiborka Popov Momčinović, professeure à l’université de Sarajevo …