La guerre en Ukraine commence à avoir un coût pour l’économie de la Russie. Frappée par la baisse des revenus du pétrole et l’impact continu des sanctions occidentales, la croissance ralentit et le déficit budgétaire de la Fédération de Russie a explosé.
Par Marie Jégo et Benjamin Quénelle (Le Monde, 2025)
Confrontée à un brusque ralentissement en raison de la baisse des revenus du pétrole et des sanctions occidentales, l’économie russe est «au bord de la récession», a reconnu Maxim Rechetnikov, le ministre de l’Economie, lors du forum de Saint-Pétersbourg, le «Davos russe», en juin. Un constat aussitôt réfuté par Vladimir Poutine, prompt à vanter la résilience de la Russie face aux sanctions. Mais les chiffres ne mentent pas. En juillet, le Fonds monétaire international a réduit la prévision de croissance du pays, passée de 1,5 à 0,9% pour 2025. On est loin des taux mirifiques – 4%, atteints en 2023 et 2024 – quand l’Etat avait mis toutes ses ressources financières au service de la guerre.
Autre signe inquiétant, le déficit budgétaire a explosé, atteignant, selon le ministère des Finances, 4,9 billions de roubles (environ 56 milliards d’euros) à la fin juillet, ce qui représente un dépassement de 30% de l’objectif annuel que le gouvernement s’était fixé. Le ralentissement économique, la baisse des revenus pétroliers et gaziers, mais aussi celle des fonds de réserve, pratiquement engloutis par trois années de guerre, constituent une nouvelle réalité: il y aura des coupes. Le ministère des Finances pourra difficilement tailler dans la défense et la sécurité, qui représentent un peu plus de 40% des dépenses. Le gouvernement devra donc réduire les contributions sociales, mais aussi le soutien aux industries civiles.
Export à prix cassés
Alors qu’au total les dépenses du budget augmentent (+20,8 % en un an), les recettes s’amenuisent. Ainsi, les revenus de la vente du pétrole et du gaz, qui constituent à peu près un tiers des recettes fédérales, ont chuté de 18,5% au cours des sept premiers mois de l’année. En cause, le prix du baril de pétrole, qui tend à reculer sur le marché mondial (66,40 dollars début août, soit environ 51,80 euros), celui du brut russe ayant tendance à baisser plus fortement en raison de son plafonnement à 47,60 dollars, imposé dans le cadre du 18e paquet de sanctions adopté récemment par l’Union européenne …
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