L’avocat d’une petite étude a comparu devant le tribunal correctionnel pour une série d’infractions aux règles sur la lutte contre le blanchiment d’argent. A quelques mois de l’examen par le GAFI, qui pourrait mettre Luxembourg sur liste noire, l’affaire fait désordre.

«Je ne suis pas Arendt & Medernach» s’est défendu l’avocat D., qui s’étonne encore de se retrouver devant un tribunal correctionnel pour une série d’infractions à la législation sur le blanchiment et le financement du terrorisme. Son étude est située à Gasperich, mais pas dans le nouveau quartier des affaires et sa spécialité, c’est le contentieux commercial et administratif ordinaire. C’est un cabinet modeste. Jusqu’à récemment, D. travaillait seul, sans associés.

Son «modèle d’affaires» n’a rien à voir avec celui des grandes firmes d’avocats, comme l’étude Arendt & Medernach qu’il a cité. Pour autant, les avocats, qu’elle que soit la taille de leur étude, sont soumis aux mêmes obligations professionnelles de lutte contre le blanchiment d’argent que les banquiers par exemple. Ils doivent respecter des procédures formelles pour identifier leurs clients, leur probité et l’origine de l’argent qu’ils sont amenés à manipuler.

L’Ordre des avocats veille au respect de la loi, les avocats ayant gardé le privilège d’une profession qui s’auto-réglemente. Or, Maître D. travaillait au pouce levé. L’enquête judiciaire a montré qu’il n’appliquait pas les règles anti-blanchiment. C’est à peine s’il disposait des photocopies des cartes d’identité de ses clients.

Une bête affaire de faillite

L’avocat D. a été pris en défaut de respect de ses obligations de vigilance à la suite, reconnaît-il lui-même, «d’une bête affaire de rabattement de faillite» …