Le nouveau premier ministre français a poursuivi les consultations pour bâtir son gouvernement. Sur la forme et la méthode, Michel Barnier cherche à marquer sa différence avec Emmanuel Macron. Mais sur le fond, rares sont ses divergences avec le chef de l’Etat.

Par Claire Gatinois et Alexandre Pedro (Le Monde, 2024)

Michel Barnier est un homme de droite. Aucun doute possible après un demi-siècle d’engagement politique pour celui qui, adolescent, collait les affiches de campagne du général de Gaulle. Le nouveau premier ministre assume sa couleur politique. Mais l’ancien candidat à la primaire des Républicains (LR), qui s’était dit favorable, en 2021, à un «moratoire sur l’immigration», à la «retraite à 65 ans», et aux «peines planchers», veut faire une place à la gauche dans son gouvernement.

Lors d’un entretien au «20 heures» de «TF1», vendredi 6 septembre, l’ancien commissaire européen venu, rappelle-t-il, du «gaullisme social», assure que «tout est ouvert». Il ne s’agira pas «seulement d’un gouvernement de droite», promet-il. Son équipe comptera des membres du camp présidentiel avec «peut-être, peut-être», des ministres actuellement démissionnaires. D’anciens LR, comme Gérald Darmanin (intérieur), Sébastien Lecornu (armées) ou Aurore Bergé (égalité entre les femmes et les hommes) se disent prêts à le rejoindre. Mais Michel Barnier espère aussi attirer «des gens de gauche». Lesquels? Mystère.

Hormis l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, dont l’entourage assure à «Le Monde» «qu’une construction commune entre la droite, le centre et une partie de la gauche, ouverte et à l’écoute, serait une bonne idée», les candidats sont rares …