Le ministère des Finances encourage les administrations à faire des économies. En effet, les frais de personnel ont fortement augmenté, tout comme le nombre d’agents de l’Etat. L’ampleur réelle de la fonction publique devrait toutefois être encore plus importante.
Avant toute autre chose: un service public efficace est la colonne vertébrale d’un pays. Sans fonctionnaires compétents, il n’y a pas d’écoles qui fonctionnent, pas d’infrastructures publiques et pas d’eau coulant du robinet. Le Luxembourg peut donc s’estimer heureux de disposer d’une fonction publique de qualité.
En comparaison internationale, les administrations luxembourgeoises obtiennent d’ailleurs de très bons résultats. Par rapport aux autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), seuls les citoyens de Finlande, d’Estonie et de la Suisse se montrent aussi satisfaits de leur fonction publique. De plus, dans l’enquête de l’OCDE, les citoyens du Grand-Duché attestent que leur secteur public fait preuve d’un niveau d’intégrité particulièrement élevé. Et il faut aussi le dire: maintenir un Etat européen fonctionnel avec une population équivalente à celle d’une ville allemande de taille moyenne est en soi déjà un exploit.
En effet, personne ne cherche à retirer quoi que ce soit à qui que ce soit, ni à lancer un débat fondé sur la jalousie. Toutefois, la question doit être posée: la fonction publique a-t-elle pris son indépendance ces dernières années et les coûts ont-ils augmenté de manière disproportionnée depuis la pandémie? Et combien de temps le Luxembourg pourra-t-il encore se le permettre?
Une circulaire et un constat qui interpelle
Ce sont des questions que le gouvernement lui-même se pose désormais. Dans un premier temps, avec une certaine réserve et sous la forme d’un constat sobre. Dans l’introduction au projet de budget pour l’année 2026, le ministère des Finances de Gilles Roth (CSV) note: «Les effectifs de la fonction publique ont nettement augmenté ces dernières années, avec une hausse de 42% des équivalents temps plein de l’Etat central entre 2016 et 2024.»
Cette augmentation est encore plus impressionnante si l’on analyse l’évolution des coûts salariaux au sein de l’Etat central. Au cours de la même période, on y a enregistré une hausse de 111%. C’est ce qui ressort également du budget de l’Etat pour cette année. Selon ce projet, les dépenses salariales de l’Etat central s’élevaient à environ 4,9 milliards d’euros pour l’année 2025. A titre de comparaison: en 2016, l’Etat n’a dépensé qu’environ 2,3 milliards d’euros pour ses employés. Pour rappel: le budget de l’Etat total s’élève cette année à environ 30 milliards d’euros.
C’est sans doute aussi en raison de cette hausse que le ministère des Finances a durci le ton début février. Dans une circulaire adressée à l’ensemble des ministères, le ministère des Finances a, comme Reporter.lu l’a rapporté en exclusivité, enjoint aux administrations de limiter au strict minimum les nouvelles embauches et de plafonner les dépenses supplémentaires à 4,5% par rapport à l’année précédente.
La Commission d’économies et de rationalisation, rattachée au ministère d’Etat, a également adressé un courrier aux administrations …
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