Le plan d’action contre la pauvreté suscite certes des espoirs. Mais il n’aborde guère les problèmes fondamentaux, notamment la pénurie de logements. Il en résulte un plan qui promet beaucoup, mais qui ne vise qu’à modifier très peu les fondements mêmes de l’inégalité. Analyse.
En soi, c’est étonnant: un gouvernement conservateur-libéral réussit là où deux coalitions de centre gauche avaient échoué: un plan contre la pauvreté. Il s’agit du premier plan d’action au Luxembourg qui tente de comprendre – et de réduire – dans toute sa complexité le problème de la précarité croissante dans l’un des pays les plus riches du monde.
Le «Plan d’action national pour la prévention et la lutte contre la pauvreté» (PAN) est le fruit de discussions entre 54 associations et groupes d’intérêt ainsi que 18 ministères, coordonnées par le ministère de la Famille. La mise en œuvre du plan sera assurée par un comité interministériel et un groupe de suivi composé d’acteurs de la société civile. Le comité doit se réunir au moins trois fois par an.
Au total, le plan d’action formule 27 objectifs et comprend 106 actions concrètes. Le calendrier de mise en œuvre reste toutefois vague. Pour la plupart des mesures, 2026 ou 2027 est mentionné comme date à laquelle des réformes doivent être soumises au Parlement. Pour les mesures qui ne nécessitent pas de modifications législatives, le plan promet seulement une «action continue».
Un patchwork au lieu de solutions
Cependant, il ne fait aucun doute que la situation est urgente. C’est ce que montre le «Panorama social» de la Chambre des salariés (CSL) publié à l’automne dernier. Selon ce rapport, le risque de pauvreté est en légère baisse, mais reste, avec 18%, supérieur à la moyenne de la zone euro, qui est de 16,6%. L’objectif déclaré du gouvernement dans son plan d’action est de réduire ce chiffre d’un point de pourcentage d’ici 2030.
La lutte contre la pauvreté constitue une priorité absolue pour le Gouvernement.“Accord de coalition de CSV et DP
Pour les personnes qui risquent de sombrer dans la pauvreté malgré le fait de travailler, le bilan est encore plus sombre: «Nous avons désormais dépassé la Bulgarie et sommes en tête dans cette catégorie», explique Dylan Theis, conseiller économique à la CSL, dans un entretien avec Reporter.lu. Selon lui, le nouveau plan d’action est une initiative positive. «Son existence est une chose positive en soi. Il est également positif que de nombreuses revendications de la société civile et des associations sociales aient été entendues. Néanmoins, le plan en lui-même n’est qu’un patchwork et ne changera rien aux problèmes réels …
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