C’est l’une des lois les plus importantes du gouvernement CSV-DP: l’introduction d’une classe d’impôt unique, qui s’accompagne d’un allègement fiscal pour tous. La réforme adoptée mercredi par le Parlement est importante, car elle modifie notre vision de la société – mais aussi parce qu’elle coûte cher à l’Etat.

L’opposition qualifie cette réforme de «cadeau électoral», tandis que la majorité CSV-DP la défend en affirmant qu’elle tient ainsi sa promesse «Méi Netto vum Brutto». Tous les partis ont conscience que cette réforme, qui entrera en vigueur lors de l’année électorale 2028, sera déterminante pour leur succès ou leur échec. Le débat politique s’en trouve d’autant plus animé. Il faut s’en réjouir, car la démocratie se nourrit de la visibilité des différences entre les partis.

Mais dans ce cas précis, plus que dans d’autres, la communication politique s’envenime. Les ministres et les députés avancent des arguments qui sont manifestement faux. Cette hypocrisie, au service d’un opportunisme politique, est irresponsable. Les partis disent à leurs électeurs potentiels ce qu’ils pensent que ceux-ci veulent entendre. Prendre les citoyens au sérieux et leur dire les choses telles qu’elles sont: voilà ce qui devrait être la mission de la politique.

Minimiser les coûts

Personne ne conteste que le système fiscal luxembourgeois soit obsolète et doive être mis à jour. Le pays est toutefois confronté à d’innombrables crises et la liste des risques potentiels pour le budget est longue – de la fin du tourisme à la pompe à l’exode des grands groupes internationaux. Pourtant, avec sa réforme fiscale, le gouvernement prive l’Etat de recettes substantielles pour les années à venir.

Mais au lieu de débattre sérieusement du pour et du contre, le chef du groupe parlementaire du CSV a délibérément induit les électeurs en erreur quant à l’ampleur de la réforme. «Le coût est actuellement estimé entre 850 et 880 millions d’euros. Pas un milliard; ce chiffre est certes cité, mais il est inexact», a déclaré Laurent Zeimet sur «RTL» pour éclairer la population. Mais il a omis un point important: ces coûts ne concernent que 2028, c’est-à-dire la première année d’application de la réforme.

La cohésion sociale de ce pays a plus de valeur à mes yeux que la valeur statistique de la dette publique.»

Gilles Roth (CSV), ministre des Finances

Pour 2029, la perte de recettes est estimée à 953 millions d’euros et pour 2030, elle atteindrait même 989 millions d’euros. C’est ce qui ressort de la programmation financière pluriannuelle récemment présentée par le ministre des Finances Gilles Roth (CSV). Arrondir ce montant à un milliard est sans doute plus honnête que les joutes verbales de Laurent Zeimet …

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