Lors de l’université d’été de La France insoumise, où il a prononcé un discours très centré sur la planification écologique, Jean-Luc Mélenchon a multiplié les appels du pied pour attirer Les Ecologistes. Son rival à gauche, Raphaël Glucksmann a, lui, annoncé sa candidature.

Par Sandrine Cassini, François-Régis Couteau et Robin Richardot (Le Monde, 2026)

Dans la Drôme, à Grenoble, à Toulouse, ou au «20 heures» de TF1, les gauches n’ont pas attendu la rentrée des classes pour relancer les hostilités. Dimanche 23 août, 10 000 militants «insoumis» se sont pressés à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), selon les organisateurs, pour écouter le discours de Jean-Luc Mélenchon, qui clôturait l’université d’été de La France insoumise (LFI), les Amfis. «La victoire est possible», a scandé le candidat à la présidentielle de 2027 devant une foule en liesse. Le même jour, le coprésident de Place publique, Raphaël Glucksmann, a officialisé sa candidature au journal télévisé de TF1.

Le scénario des gauches irréconciliables, cauchemar de la secrétaire nationale du parti Les Ecologistes Marine Tondelier, qui réunissait les siens à Grenoble pour son université d’été, du 20 au 22 août, paraît plus concret que jamais. Et ce n’est qu’un avant-goût de la bataille qui s’annonce. François Hollande, qui sort un livre le 3 septembre, Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (Editions Robert Laffont, 304 pages, 21 euros), compte bien entrer dans le jeu. Alors que le Rassemblement national (RN) est confortablement installé dans le paysage politique, les divisions de la gauche annihileront-elles les chances de cette dernière, comme le disent les «unionistes», d’accéder au second tour?

Très bien placé dans les sondages, à huit mois du scrutin, Jean-Luc Mélenchon ne le pense pas. «Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de candidatures, c’est le nombre d’électeurs», a martelé le leader «insoumis», lors de sa prise de parole, dimanche, durant laquelle il a longuement évoqué le changement climatique et sa vision de la planification écologique. Peut-être parce qu’il pense avoir déjà gagné le match à gauche ou parce qu’il veut ménager leurs électeurs, il n’a pas jugé bon d’évoquer ses rivaux, préférant installer un duel avec les candidats du bloc central. Des «tartuffes», des «bons à rien», des «irresponsables» …