En mars 2024, Corel L. tombe dans la Pétrusse et trouve la mort. Deux ans plus tard, le parquet réclame 20 ans de prison à l’encontre de l’homme qui l’aurait alors poussé par-dessus une glissière de sécurité. La question déterminante est de savoir s’il savait ce qui se trouvait derrière.

La médecine légale est une science froide. Âgé de 38 ans, mesurant 170 centimètres, pesant 84 kilogrammes. Gonflements et hémorragies au niveau de l’orbite gauche. Une fracture du toit de l’orbite. Des hématomes dans le muscle temporal. Une plaie contusionnée et lacérée à l’arrière de la tête. Des côtes cassées.

Les constatations que la médecin légiste a énumérées la semaine dernière devant le tribunal dressent le tableau de blessures graves. Des blessures qui n’ont toutefois pas entraîné, en fin de compte, le décès de Corel L. L’experte a en effet également constaté une hyperinflation pulmonaire. Sa conclusion: la victime est décédée des suites d’une noyade atypique.

L’heure du décès est fixée aux premières heures du matin du 24 mars 2024. Cette nuit-là, Corel L. est tombé dans la Pétrusse à Hollerich. Il a chuté de sept à huit mètres de hauteur dans le lit en béton de la rivière, dont le débit était plus important que d’habitude à ce moment-là. L’homme de 38 ans a probablement perdu connaissance lors de l’impact et s’est noyé dans une eau d’environ 50 centimètres de profondeur. Son corps a été emporté par le courant sur plusieurs centaines de mètres avant d’être finalement repêché sous un pont de la rue d’Anvers.

Mais sa mort ne serait pas due à un accident tragique. Elle aurait été précédée d’une altercation physique entre deux ressortissants roumains sur un parking public situé non loin de l’église de Hollerich. Elvis C. a donc dû répondre de ces faits fin septembre devant une chambre criminelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg.

Le motif de la dispute reste inconnu

La question centrale de la procédure est de savoir si l’homme, alors âgé de 31 ans, a sciemment mis en danger la vie de son compatriote en le poussant par-dessus une glissière de sécurité. Derrière celle-ci s’étendait une pente raide, d’abord en descente, avant que le terrain ne plonge brusquement de plusieurs mètres vers le lit de la Pétrusse …