Steve Schmitz a dirigé la police judiciaire entre 2018 et 2024. Sa carrière a été compromise par une procédure disciplinaire et une enquête judiciaire pour concussion. L’affaire, jusqu’alors jamais dévoilée, illustre les difficultés à traiter les irrégularités au sein de l’hiérarchie policière.
L’ancien directeur du Service de police judiciaire, Steve Schmitz, a échappé à des poursuites judiciaires, mais il a été rattrapé par une procédure disciplinaire, toujours en cours. Il est suspecté par la direction générale de la Police de s’être imputé des heures qu’il n’aurait pas réellement prestées tout en se les faisant payer. Selon les recherches de Reporter.lu, cette affaire porte également sur des imputations rétroactives, sans justification, de son temps de travail, ainsi que sur du harcèlement présumé et d’autres reproches.
L’enquête de la justice a été classée sans suite pénale avec un avertissement. L’abandon des poursuites judiciaires a été mal perçu au sein de la direction de la police et n’a pas contribué à améliorer les relations entre les forces de l’ordre et la magistrature.
Steve Schmitz, qui a travaillé dans différents services de la Police grand-ducale pendant 20 ans, reconnaît avoir commis des fautes dans l’utilisation du logiciel de pointage de l’administration. «J’admets avoir effectué des imputations du système contraires aux prescriptions de service», explique-t-il dans un entretien avec Reporter.lu, dans le cabinet de son avocat, Me François Prum. L’ancien cadre supérieur de la PJ dément toutefois toute intention malveillante.
Le parrainage d’un ex-ministre
Agé de 55 ans, à la retraite depuis deux mois, Steve Schmitz n’a manqué ni d’ambitions ni de soutiens jusqu’à ce qu’une enquête judiciaire le frappe. Il voulait même atteindre le firmament de la hiérarchie policière. Le graal lui a échappé. Sa candidature à la direction générale de la Police, lorsque le poste de Philippe Schrantz s’est libéré en 2024, n’a pas été retenue, pas plus que celle à la direction centrale de la PJ, lors du départ à la retraite de Daniel Reiffers.
Le choix du ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden (CSV), s’est porté sur Pascal Peters, qui assure depuis lors la direction générale de la Police grand-ducale. Kristin Schmit a été nommée directrice centrale de la police judiciaire et est entrée, à ce titre, dans le comité de direction générale de la Police grand-ducale.
A l’époque, Steve Schmitz bénéficiait du soutien de plusieurs personnalités de haut rang. Selon les informations de Reporter.lu, Martine Solovieff, alors procureure générale d’Etat et membre du comité de sélection des candidats à la direction centrale de la PJ, aurait émis un avis favorable à son égard. Elle aurait d’ailleurs fait part de son choix à l’intéressé. Contactée par la rédaction, l’ancienne magistrate défend son parti pris de l’époque: «Au vu de son profil et de son expérience, j’ai pensé que Steve Schmitz avait le profil adéquat» pour que le poste lui soit attribué. «A la suite des interviews, j’ai rédigé l’avis en tenant compte du profil des candidats et des interviews respectifs», se souvient-t-elle.
Etienne Schneider, ancien vice-Premier ministre LSAP et ministre de la Sécurité intérieure et désormais consultant dans le privé, avait pris, lui aussi, parti pour défendre la candidature de Steve Schmitz. Les deux hommes se connaissent bien pour avoir fait leurs études de commerce ensemble à Bruxelles …
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