Entre licenciement pour faute grave, accusations d’abus de biens sociaux et autres révélations en cascade, la famille Nickels, à l’origine de la «Confiserie Namur», se déchire devant le tribunal du travail. Récit d’une audience houleuse où personne ne semble sortir indemne.
«Une triste affaire d’un père qui licencie son fils», résume mercredi 28 janvier dernier l’avocat Romain Adam devant le tribunal du travail. Le fils, son client, s’appelle Max Nickels. Ce dernier a d’abord travaillé dans la pâtisserie familiale, après son brevet de maîtrise et un cursus universitaire en économie, avant de diriger la «Confiserie Namur» à partir de 2009. Sa voie était toute tracée pour prendre la tête de la dynastie pâtissière. Mais son parcours s’arrête brutalement à la fin de l’année 2023.
Max Nickels est remplacé par sa sœur cadette, Anne. Elle détient désormais 35% du capital de l’entreprise, son père Jean-Paul Nickels ayant 65% dans les mains. Le fils a été limogé de son poste d’administrateur-délégué pour faute grave. Il n’avait pas de parts sociales dans la société «Confiserie Namur S.A.». Sa lettre de licenciement avec les motivations est signée le 1er décembre 2023 par son père. La lettre, dont Reporter.lu a pu prendre connaissance, fait 12 pages et s’apparente à un brûlot.
Mari et femme congédiés
Quelques semaines avant son licenciement, Max Nickels est appelé au bureau par son père qui l’invite à prendre quelques mois de «temps de repos». L’entreprise est dans une situation précaire. La perte opérationnelle s’élève à 1,5 millions d’euros au 31 décembre 2023, le résultat reporté se creuse à -8 millions d’euros.
J’ai déjà décelé au moins quatre infractions. Je ne vais pas fermer les yeux. »Le juge du travail Fakrul Patwary
Selon les informations de Reporter.lu, l’état des finances alarme les banques qui ont prêté des fonds pour construire un nouvel atelier et un immeuble à Hamm. Les établissements de crédit ont aussi financé l’installation d’une toute nouvelle boutique au centre commercial de la Cloche d’Or. Le père fait appel à un conseiller financier pour tenter de redresser l’entreprise, avant d’en confier la direction à sa fille.
Le 24 octobre 2023, le Registre de commerce et des sociétés (LBR) renseigne la sortie du fils du conseil d’administration et sa radiation de son poste d’administrateur-délégué. Son statut d’indépendant ne lui permet pas de toucher des indemnités de chômage. Max Nickels réclame 900.000 euros d’indemnités de licenciement de 15 mois de salaire correspondant à son ancienneté et son préjudice moral. L’épouse de Max Nickels, qui occupait un poste de chargée de communication, est à son tour congédiée.
Les motifs à la base du licenciement pour faute grave reposent principalement sur des accusations d’abus de biens sociaux. Le dirigeant aurait notamment utilisé la carte de crédit de la pâtisserie pour se servir ainsi que ses enfants du carburant à titre privé …
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