Deux procès à venir mettent les violences policières sous le feu des projecteurs. Les accusations ne portent pas seulement sur des brutalités présumées d’agents, mais aussi sur une possible dissimulation des faits au sein des autorités.
Les faits trouvent leur origine dans une soirée arrosée. Dans la nuit du 16 février 2019, un homme fortement alcoolisé a importuné les clients d’un café à Esch-sur-Alzette. Après son arrivée, la police a placé le suspect en garde à vue. Ce qui, au départ, ressemblait à une intervention ordinaire s’est terminé pour l’ivrogne par des fractures dans une cellule de dégrisement. Selon les informations de Reporter.lu, l’homme arrêté aurait été blessé non seulement sur le lieu de l’intervention, mais aussi dans un ascenseur du commissariat d’Esch. Selon l’enquête, des tentatives auraient ensuite été faites pour dissimuler l’origine des blessures.
L’enquête a finalement permis d’identifier un suspect principal. Cinq mois après les faits, début juillet 2019, Nicolas H. a été placé en détention provisoire. Quatre autres policiers accusés sont restés en liberté sous conditions, comme l’avait décidé le parquet à l’époque.
Cet épisode n’est toutefois pas un cas isolé. Entre 2020 et 2024, l’Inspection générale de la police (IGP) a, selon ses propres informations, ouvert environ 120 enquêtes pour violences policières présumées. Cela correspond en moyenne à deux affaires de ce type par mois. Cependant, ces affaires ont rarement donné lieu à des procès.
Neuf policiers sur le banc des accusés
Au cours des prochaines semaines, deux procès pour violences présumées commises par des policiers vont se tenir. Le procès concernant l’affaire d’Esch-sur-Alzette commencera mardi prochain devant le tribunal d’arrondissement de Luxembourg. Trois policiers et deux policières sont accusés.
Dans une autre affaire, qui sera plaidée à la mi-décembre, quatre policiers ont été placés en détention provisoire. Ils sont accusés d’avoir maltraité un homme dans une cellule du poste de police de la gare de la capitale en mai 2023. L’un des agents aurait frappé à plusieurs reprises l’homme ivre, en présence de deux autres policiers.
L’usage de la force (…) doit se faire de manière proportionnelle et dans les limites de ce qui est absolument nécessaire. »Code de déontologie de la Police grand-ducale
Les événements qui se sont déroulés au commissariat «CR3», désormais dissous, dans le quartier de la gare ont fait beaucoup de bruit dans les médias. Selon le «Luxemburger Wort», le principal accusé aurait cassé le nez de la victime présumée et lui aurait infligé des blessures au niveau des côtes. Plus tard, un quatrième policier, un supérieur hiérarchique, aurait participé à la tentative de dissimulation des faits. Dans le cadre de l’enquête, d’autres infractions présumées au sein du commissariat ont été découvertes…
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